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Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants

14 juin 2011

dirk nowitzki, dallas mavericks

Un film doit avoir son très très méchant et son très très gentil. Et devinez qui gagne à la fin ?

Un méchant en or. LE méchant – très moche, très méchant, un traitre, un mauvais joueur, un monstre ? pas loin – s’appelle Lebron James. Il était dit que cet homme ne gagnerait pas cette année. Pas après sa « Decision », pas après avoir « trahi » Cleveland – parce qu’il n’avait pas le droit de changer d’équipe ! – pas après avoir « insulté » les anciens (MJ n’aurait jamais fait ça !). Depuis le 1er jour de la saison NBA, Lebron James a été enregistré dans la case de l’homme à détester, à huer. L’Homme à abattre.

Des héros terrassés. Pour que le film soit bon, il faut quand même de l’aventure et un méchant pas si facile à découper que cela. Alors Lebron a joué le jeu, prouvant toute la saison qu’il était bel et bien resté le meilleur joueur de cette planète, classant son équipe en 2nde position de Conf’, régnant sur les Top10 et la majorité des catégories statistiques.
Derrick Rose lui a chipé le titre de MVP – il sourit mieux – mais s’est fait rincer en playoffs. Les C’s – champions en titre à l’Est – n’ont pas survécu non plus. « Dark Lebron » était trop fort…

Un gentil très très gentil. Mais il était dit que la route du Heat se stopperait sur un « Je vous l’avais bien dit ! » En gros, il fallait prouver à James son mauvais choix. Tout le monde était d’accord mais les Bulls – candidats choisis par l’Amérique – ont failli. Du coup, les supporters se sont tournés vers les « petits hommes bleus » pour un remake du déjà peu original Avatar (mais plus gros succès de l’histoire en dollars ! Des chiffres qui parlent à Stern).
Une bande de Texans vivant à la cool, que personne ne prend vraiment au sérieux et qui se retrouve bombardée au centre de toutes les attentions. David contre Goliath. Le décor est planté.

Pas un héros, un anti-méchant. A la tête de l’escouade Mavs, Dirk Nowitzki. Ou tous les observateurs, journalistes, joueurs, coachs, analystes, plombiers, chômeurs ayant – à juste titre – affublé l’Allemand du surnom de « loser » subissent une amnésie temporaire : « Go Mavs !!! » devient le chant le plus populaire aux Etats-Unis. Normal, un ennemi commun rassemble toujours les peuples.
Dirk, lui, c’est le blond-blanc-gentil-humble-respectueux-fidèle à son club. Lebron, c’est le tatoué-méchant-frimeur-grande-gueule-traitre. A la George Lucas, David Stern a aligné les gros stéréotypes pour ne perdre personne en route.

La finale. Deux stars aux antipodes l’une de l’autre. Deux équipes construites différemment. La présentation laisse déjà présager la fin. Une escouade fabriquée à coups de millions, sans vécu ni collectif face à un roster de vieux briscards méritant tous d’enfin choper le graal. Dur de faire plus mièvre mais c’est ainsi. La NBA adore, le public aussi.

2-1. Suivant toujours un scénario pour le moins usé jusqu’à l’os, le méchant domine les débuts. Le héros est dans les cordes, mené et fébrile. 2 succès pour le Heat, 1 seul pour Dallas. Les méchants, froids et sanguinaires, ne sont pas loin du sacre. Comme dans les séries Z, c’est là que le « cerveau » du Mal livre ses secrets, son plan machiavélique au héros avant de se prendre les pieds dans le tapis.

Game 4. C’est bel et bien ce qui arriva dans le Game 4. Lebron James fut pathétique. 8 points, 3/11 aux tirs, 4 balles perdues et une défaite en appelant trois autres. Une parodie de basket pour un joueur qui n’avait jamais connu cela en huit ans de carrière. Jamais. Tombé du côté obscur de la Force, rattrapé par ses démons façon Anakin, il ne pouvait plus gagner.

Entre mièvres et réalités. L’happy End était donc bien lancée. Le Heat devenant une équipe hésitante pour la première fois des playoffs, au moment de conclure. Au moment de prouver aux critiques qu’ils avaient tort de critiquer ce trio fou aussi. Au moment où cela arrangeait tout le monde, en fait.
Les Mavs l’ont donc emporté grâce à des seconds-couteaux trop heureux de vivre une gloire qu’ils pensaient réservée aux être supérieurs de cette Ligue. Dallas c’est la victoire du peuple, de la bande qui y croit plus que les autres. Un sacre qui fait plaisir à tout le monde (ou presque), prouvant que « le basket est un sport collectif. » Et tous les journalistes mièvres de la planète de sortir « Je vous l’avais bien dit ! » (que cette association de malfaiteurs ne pouvait l’emporter !).

Dirk, le meilleur. 2nd MVP européen des finales après TP, Dirk est l’un des plus grands talents de l’Histoire de la balle orange. Son titre n’a rien d’usurpé et ne fait que vanter sa persévérance et son acharnement. Il le mérite et ne le doit qu’à lui. Un héros, un jedi presque. Surtout qu’il a vaincu les forces de l’ombre ! Mais la célébration texane a frôlé l’ambiance vomitive.

Mavs et bisounours. Jason Kidd et ses 38 printemps, ses mômes, sa femme, etc…Jet Terry, Tyson Chandler, JJ Barea, Shawn Marion….Une belle bande de losers ! Personne n’a jamais vraiment supporté cette escouade car elle n’a jamais fait rêver personne.
Trop gentille l’équipe de Cuban pour ne pas se faire braquer par Kobe ou les Spurs. Mais la NBA a changé et avait besoin d’un vainqueur « very nice » pour abattre les « very Méchants. » Sur ce point, Dirk ne possédait aucun concurrent.

Fin d’une époque ? La NBA formate telle une broyeuse tous les tempéraments. Quelques rebelles n’ont pu résister (type Iverson, JR Rider) mais bien souvent, les millions de dollars suffisent à assagir tous les représentants de la Ligue.
On le voit en ce moment, les nouvelles coqueluches se nomment Derrick Rose, Kevin Durant ou Nowitzki. On est très loin du charisme et des réactions colériques des anciens maîtres des bagues : Michael Jordan en tête, Kobe, Shaq ou encore les Celtics.
La hargne, la mauvaise foi, la rage, les fautes et quelques insultes ornaient leur domination sur la Ligue. Un modèle brisé sur l’autel de la médiatisation à outrance du côté de South Beach. Pour gagner désormais, il faut être corporate.

Tout le monde est content. Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Quoique… Pour le coup, le bonheur des Mavs fait le bonheur de… tout le monde ! Mis à part en Floride (et encore), personne ne voulait voir le Heat l’emporter. Aussi, la Ligue ne peut que se féliciter des audiences record de cette année.
Si tout le monde déteste Lebron, personne ne manquerait un seul de ses matchs ! Là est bien l’injustice entourant le King. Le joueur le plus détesté étant également le plus populaire. Pour preuve, le « social MVP » sur NBA.com : James étant en tête avec 121 938 votes. En 2nde place, Dirk en compte à peine le quart : 33 647 voix.

James, born to lose ? Personne ne peut l’affirmer mais Lebron a vêtu l’uniforme du parfait méchant. Celui qu’on appréciera toujours voir perdre contre une histoire plus belle, un destin plus méritant, un collectif plus homogène. L’an prochain, Kobe a une revanche à prendre, Derrick Rose et Kevin Durant en auront terminé de leur puberté et les C’s se lanceront dans une dernière danse. Des escouades que l’Amérique supportera, surtout face à Miami. Et James de se dire qu’un destin de Loser l’attend.

A moins que…Comme il s’agit bien du talent le plus impressionnant de ce siècle en matière de basket, un titre viendra donc sûrement couronner sa carrière. Pour l’an prochain,  un revival de « Rocky 3/ L’œil du tigre » par exemple. Cette saison, la rédemption inachevée. L’an prochain, le règne ?
MJ avait perdu contre Detroit – un collectif – puis Orlando – la relève d’alors – avant de lancer ses deux threepeat. Rocky, lui, se fait gifler par Mister T avant de retrouver ses cadavres de barbaque en chambre froide pour un énième come-back. Lebron en a reçu plus que n’importe qui des uppercuts. A lui maintenant d’enfiler le collant moulant du « gentil ayant compris ses erreurs du passé. » Ca a marché pou Kobe, pourquoi pas pour lui. Et lui-aussi aura ainsi droit à sa belle histoire.

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NBA Finals: Dallas n’a pas encore compris…

1 juin 2011

Dallas a laissé filer sa chance en ne dominant ni le rythme ni le money-time.

Les Mavs peuvent s’en vouloir. Chez lui, le Heat n’a shooté qu’à un piteux 38.8% aux tirs. Pourtant, il s’en sort et mène désormais la série. Mais Dallas a montré deux grosses faiblesses, hier soir : son manque de dureté et une très mauvaise gestion de la fin de match. Deux points qui semblaient être devenus des forces du groupe texan. Pas face à Miami visiblement.

Mangés. Tyson Chandler n’a cessé d’être vanté pour son abattage énorme dans la raquette. Hier, le pivot se contente de 4 prises pour 9 points et 5 fautes. Collectivement, les Floridiens prennent 10 rebonds de plus que leurs adversaires. Et ce, grâce à un travail collectif de premier ordre.
Si le Big Three (28 rebonds) domine cette catégorie, les sacrifices de Mike Miller (5), Udonis Haslem (6) et de la surprise du chef Juwan Howard (3) sont à noter. Dans une rencontre basée sous le lancer de briques, la bataille du rebond était prépondérante et Dallas s’est fait bouffer.

Le rythme. Toute la première mi-temps s’est déroulée sur un rythme proche de l’Euroligue. Les défenses prenant allègrement le pas sur les attaques. L’illustration parfaite de l’empreinte laissée par le Heat sur la rencontre. Dallas n’a aucune chance de l’emporter lors d’un match défensif et lent.

Mais pour enflammer le rythme, faut-il encore mettre ses shoots. Un problème hier soir avec un Jet muet en seconde période, un Barrea en mode destruction de planche (1/8) et un Peja aphone (0/3). Dans un match qui n’allait pas à leur allure, les shooters texans ont dévissé sévère. La défense de Miami a encore frappé.

Dirk humain. Il a encore été phénoménal sur la ligne de réparation (12/12), meilleur scorer du match (27pts) et le leader incontesté des Mavs. Une belle sortie donc mais pas une partition de génie. L’Allemand a, lui aussi, vendangé pas mal (7/18) bien gêné par les différentes défenses proposées par Joël Anthony, Udonis Haslem ou des prises à deux plutôt malines.
L’ancien MVP devra pourtant redevenir exceptionnel s’il veut tirer son équipe vers le haut. Mais Dirk aura clairement la vie bien plus difficile que face à Oklahoma. A lui d’y répondre. Hier, ça n’a pas suffit.

Et Wade prit feu…Plus encore que la maladresse des extérieurs, le petit match de Chandler ou la partition « classique » de Nowitzki, c’est bien le money-time qui fait craindre le pire pour les Texans. Serré tout du long, le match s’est débridé d’un coup par l’intermédiaire de D-Wade.
Un contre fou sur Marion, suivi d’un tir primé. Un rebond suivi d’une mise en revue de toute la ville de Dallas puis d’un caviar pour Chris Bosh et tout Miami s’est embrasé. Flash a encore fait le coup à Dallas. Une habitude qu’il adore visiblement.
Complètement en feu durant le dernier quart, il a porté l’estocade, bien suppléé par un Lebron surpuissant et un Haslem toujours là où il faut. Wade (22pts, 10rbds, 6pds) conclut le spectacle par un alley-hoop stratosphérique pour James (24pts, 9rbds, 5pds).

Les démons revenus ? Côté Dallas, des pertes de balles et des shoots manqués. Mis à part quelques lancers de Nowitzki, les Texans ont sombré dans le crunch time. Cela peut s’expliquer par le manque de fraîcheur, les vieux Mavs ne tenant pas le rythme imposé par la jeunesse du Heat sur toute une rencontre. Cela peut aussi être le signe bien plus grave de démons revenus hantés une formation habituée à pleurer.

Bad move. Cette première manche aurait du être glanée par les Mavs. Au lieu de cela, la bande à Rick Carlisle se retrouve menée pour la première fois cette année en post-season. Les coéquipiers de J-Kidd n’ont donc toujours pas compris. Arriver en finale ne suffit pas, bien jouer non plus.
L’esprit de tueur a animé les veines de D-Wade, toujours pas celles d’un Mav… La défense a parlé, le physique aussi et les Mavs se sont laissé faire. Ils n’ont pas fait preuve d’un tempérament de champion. Ils n’ont pas montré les mêmes vertus que durant leur campagne sur la côte Ouest. Comment gagner une finale ? Dallas n’a toujours pas compris. Il ne reste que six matchs pour apprendre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10 raisons de supporter les Mavs

27 mai 2011

Ils vont perdre. Pourquoi ? Parce qu’ils ne savent pas gagner… Mais bon, ne jamais enterrer le Texan. Ça mord. Pis les Mavs, on s’y est (un peu) attaché.

Pour Kidd. Plus encore que Nowitzki, Jason Kidd court après une bague depuis trop longtemps. Le meneur sait bien qu’il s’agit-là de son ultime chance, il deviendrait même le plus vieux meneur titulaire à être sacré. Pour ne pas le classer parmi les losers éternels, il faut gagner. Pis Lebron aura encore le temps.

Ça change ! Ce n’est peut-être pas grand-chose mais ne pas voir les Lakers en finale, ça fait du bien ! Un peu d’alternance au pouvoir de l’Ouest, c’est bien pour le suspense. Et les Mavs ont fait ça bien puisque ce sont eux-mêmes qui ont scalpé le triple-champion de conférence. Et en un coup de balai s’il vous plaît !

L’attaque au pouvoir. Depuis le temps (depuis toujours ?) qu’on nous rabâche que les attaques, c’est sympa pour remplir les stades mais bon…Quand on parle victoire, on tchatche défense, rebond et grosses fautes. Les Mavs évoluent dans un autre style basé sur le collectif et l’adresse. Si ça gagne, ce sera historique.

Marc a mué. Peut-être encore plus surprenant que les subites victoires des Mavs, le nouvel état d’esprit du proprio. Simplement imbuvable depuis son arrivée dans la Ligue, le profil type du nouveau-riche – start-up oblige – insupportable. Cette saison, Dirk l’a remis en place et Cuban s’est contenté de poser ses fesses dans les tribunes. Les médias ont bien tenté de le titiller mais rien n’y a fait. Il a grandi, c’était inespéré, ça fait plaisir.

Matrix à la maison. Shawn Marion se la joue Lamar Odom. L’intérieur texan aura lui aussi, droit à son émission de téléréalité. « The Ladies in my life » histoire de présenter sa mère, ses sœurs, etc… On s’en fout ? Un brin, mais c’est quand même la preuve que les Mavs reviennent à la mode !

Pas de décision. Jusqu’à la fin de sa vie, on en voudra à Lebron ! Non, en fait s’il gagne, les fans devraient revenir. N’empêche, la star allemande en face, elle n’a jamais fait parler d’elle. Pas un mot, rien. Un mec humble, c’est sympa aussi.

Récompenser le flair. C’est sûr, le meilleur recrutement de l’Histoire a été effectué cet été, par Miami. Certes, mais ce n’était pas très difficile à prévoir. Dallas peut se targuer de jolis « coups. » JJ Barea réalise des playoffs totalement inattendus et que dire de Tyson Chandler ! Pivot moyen jusqu’ici, l’ancien Bull est devenu une pièce maîtresse du dispositif de Rick Carlisle. Et ça marche. Bonne pioche !

La veuve et l’orphelin. C’est humain, l’outsider porte toujours en lui le soutien populaire. Miami est favori depuis le 1er match de la saison quand personne ne pariait un penny sur les Mavs. Même au début des playoffs, beaucoup les voyaient sortir dès le 1er tour, contre Portland, et tout le monde fut sous le choc après la fessée administrée à Kobe.

Dirk est en mission. S’il faut saluer les progrès humains du proprio, ceux psychologiques du franchise player sont phénoménaux ! Il est même impossible de citer toutes les actions décisives de Nowitzki durant ces playoffs. C’est simple, l’Allemand est on fire, il le sait, le sent et compte bien profiter de cet état de transe pour aller au bout de la route. Un tel retournement mental, ça intéresserait Freud. Le public, lui, ne peut que le saluer.

Vengeance ! On y aura droit tout au long de la série. 2006, la désillusion de l’Histoire pour les Mavericks. 2-0, un 3e match qui s’annonce bien puis…le drame ! Wade enfile le costume de Superman et rentre tout ce qu’il veut. 4-2, Dallas est la première équipe à ne pas remporter le moindre match à l’extérieur. L’année d’après, les Texans – toujours traumatisés – se font sortir au 1er tour par le huitième, Golden State. Une plaie béante que personne n’a omise dans la ville far-west. Dirk mais aussi Jet-Terry étaient déjà là. Ils ont fait bien trop de cauchemars pour ne pas se venger !