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Dennis Rodman, tatoué adoubé

12 août 2011

dennis rodman

Chris Mullin et son shoot de tueur, Sabonis et ses passes aveugles et Dennis Rodman et…son univers. Entier, à part, fêlé, attachant, irrespectueux, The Worm entre au Hall-of-Fame. Un hommage pour ce joueur exceptionnel.

Sorti de nulle partC’est sans doute le leitmotiv de toute son enfance. Rodman sort de nulle part mais ne voulait surtout pas y rester. Dans sa fac de seconde zone, il se fait suffisamment remarquer pour obtenir un billet pour la NBA. Par la petite porte, puisque les Pistons le sélectionnent en 27e choix, au 2nd tour.
A l’époque encore, Dennis ressemble à de nombreux rookies. Grand mais encore frêle, apprenant le jeu, manquant d’automatismes et de hargne…mais lui, a la chance de tomber dans l’équipe qui va modeler le joueur inimitable qu’il est devenu.

Joue-la comme Bill. Ben quand même, un mentor comme Bill Laimbeer, ça laisse des traces. Grandir chez les Bad Boys, encore plus. Rodman comprend rapidement qu’il n’obtiendra aucun temps de jeu via ses qualités offensives.Au lieu de s’entêter à jouer les polyvalents moyens partout, le futur tatoué opte pour la spécialisation : défenseur-rebondeur.
Lors des deux titres glanés avec Detroit – et les séries ultra-violentes face aux Bulls – c’est lui qui défend le plus souvent sur sa majesté Jordan. Le tout en captant sa dizaine de rebonds par rencontre ! Un animal à part, une bête sauvage est née. Il sera élu meilleur défenseur en 93 et enchaînera 2 saisons de suite à plus de 18 rebonds de moyenne.

Madonna, Carmen Electra…Une époque où déjà beaucoup commencent à douter de la santé mentale du bonhomme. Car Dennis, c’est aussi un mec dont le mariage – avec une mannequin – ne dura que 83 jours, celui qu’on retrouva enfermé dans sa voiture au milieu du parking du stade avec pour seule compagnie un fusil à pompe chargé.
C’est surtout, l’homme qui vécu une longue et épique relation amoureuse avec Madonna. Epoque San Antonio, le top du buzz pour Rodman qui prend goût à la provoc’ et débute ses colorations hebdomadaires. A son tableau de chasse, il accrochera un peu plus tard, la plantureuse Carmen Electra. La presse a aussi parlé d’aventures avec Cindy Crawford et Naomi Campbell. Une rock-star.

Coup de bull. Forcément, le mariage entre la franchise la plus « sage-propre-et-polie » de la Ligue et Dennis « le bariolé » ne pouvait durer. Trop d’entraînements manqués, de sorties médiatiques farfelues, et de piques lancées à David Robinson « le gentil. » Les relations avec le staff deviennent à tel point exécrables, que Rodman arrive aux Bulls contre…Will Perdue. Si, c’est possible ! Pourtant aux Spurs, le tatoué affolait encore les compteurs avec  ses deux saisons à 17 rebonds par match !

L’équipe de l’Histoire. Rodman se retrouve donc dans une ville à sa taille et, surtout, avec un entourage qui sait mettre la pression. MJ himself, lui fait la leçon en début de saison. Jordan veut tout écraser pour son retour et s’assure donc que la folie de son coéquipier n’enrayera en rien son plan.
Bien au contraire, la finesse psychologique de Phil Jackson, la peur du maître et la chance de gagner un titre transcendent Rodman et son nouveau numéro – 91 – qui enchaîne encore 3 saisons au top du classement des rebonds (7 titres consécutifs). Mieux encore, avec 5 pions de moyenne, il est pourtant indispensable à la meilleure équipe de tous les temps. 72 victoires pour 10 défaites, Dennis a participé à cela.

Le meilleur défenseur ? Si les chiffres donnent l’idée du phénomène au niveau du rebond, Rodman reste aussi, et surtout, l’un des meilleurs défenseurs de l’Histoire NBA. A peine 2,03m pour un ailier-fort mais une agressivité et un acharnement qui eurent toujours raison de l’adversité. Shawn Kemp en 96 – il sautait encore ! – ou Karl Malone en 97-98 ne peuvent nier l’impossibilité de respirer quand The Worm était sur le coup. Car Rodman n’était pas qu’un farfadet. Le bariolé avait clairement compris le jeu.

Dans ta tête ! Pour le rebond, il expliquait se taper des heures de vidéos pour analyser les courbes et trajectoires de tous les shooters de la Ligue. Le placement et une bonne dose d’instinct étaient ses principales armes ! Pour la défense, Rodman ne reculait jamais et s’était fait expert du harcèlement moral.
Incapable de la fermer, il collait aussi physiquement son vis-à-vis à chaque seconde de la rencontre, le tenait, l’embêtait même pour le placement aux lancer-francs ! Un virus, un vrai calvaire pour tous les attaquants de la planète. Sûrement le seul joueur de l’Histoire qui inversait le sort d’un match sans prendre le moindre tir.

12 juillet 1998…Cette date rappelle les heures glorieuses du football tricolore et…le match de catch opposant Dennis Rodman à Karl Malone ! Faisant équipe avec Hulk Hogan, « Rodzilla » affronta le Jazz et Diamond Dallas Page lors d’une de ses nombreuses expériences extra-basket.
On l’a vu aussi au casino – entre deux matchs de la finale 97 notamment, s’ennuyait trop à Salt Lake City ! – quand il ne fallait pas, se présenter à une séance d’autographes en robe de mariée (qu’il avait lui-même dessiné !) ou encore…au cinéma. Clairement pas ses plus grandes réussites mais sa « Double Team » avec le tout aussi fêlé JCVD est tout de même restée dans les anthologies des fanas de séries Z.

A sa place ! Il y a eu débat avant d’accepter Rodman parmi les grandes figures de la Ligue. Pourtant, la question n’aurait même pas du se poser. Au niveau du jeu, il s’agissait simplement du meilleur rebondeur de l’Histoire NBA et d’un de ses plus grands défenseurs. Niveau vie, David Stern avait, certes, des maux de tête mais tout le monde l’adorait. The Worm intronisé au Hall-of-Fame par Phil Jackson, on ne peut que s’en réjouir.

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Les plaies de la saison #2

8 juillet 2011

mike bibby miami heat

Comme le prochain exercice est encore bien loin d’être lancé, attachons nous au précédent. Et comme c’est facile, bête et méchant, moquons-nous ! Deuxième partie.

Le déshonneur du Rip’. Quand on parle de Richard Hamilton, on parle tout simplement de l’un des tous meilleurs arrière-shooter de la Ligue. Et ce, depuis maintenant plus de 10 ans. A Detroit, Rip’ représente encore plus. Un taulier, membre actif de l’escouade aux 6 finales de conf’ consécutives, vainqueur du titre en 2004 et ardent acteur de la finale perdue en sept matchs face aux Spurs. Bref, c’est une star, une vraie. Ça n’a pas empêché son coach – John Kuester – de le coller au mitard pendant deux mois avec un seul match disputé entre le 10 janvier et le 1er mars. Une honte, surtout aux vues de la pathétique saison des Motors Boys.

Mike le philanthrope. Ils sont bien rares les gestes de générosité en NBA. Et en plus, ils ne sont en rien récompensés ! Mike Bibby a fait une croix sur 6 millions de dollars pour rejoindre le Heat. Une coquette somme que le meneur ne verra donc jamais. Je pourrais donc saluer le choix sportif. Problème, Mike Bibby a été nul durant la saison, encore pire pendant les playoffs. A tel point qu’il s’est même retrouver hors de la rotation pour la dernière rencontre de la finale. Son niveau de jeu, son argent, Mike a tout perdu. Et court toujours après une bague…Bad move.


CP3 et D12, seuls contre tous.
Un tour et puis s’en va. Un tour monstrueux pour Chris Paul qui a bien failli renverser les Lakers à lui-seul. Un tour plutôt pathétique pour Superman, plus esseulé que jamais contre les Hawks. Ou deux des meilleurs joueurs du monde coincés dans des franchises trop faibles pour eux. Pas de leur faute certes, mais frustrant. Allez, plus qu’un an à tirer !


Fausse note !
23 saisons de bons et loyaux services et…rien ! Bim ! La décision la plus surprenante de l’année fut bien l’éviction de Jerry Sloan du banc du Jazz. Après une brouille avec D-Will, le coach s’est vu indiquer la porte. Une sortie en mode crash-test pour l’un des plus brillants tacticiens de l’histoire du cuir NBA. Pire encore, Deron Williams s’est aussi barré. 7e à l’Ouest au moment du départ de Sloan, Utah a finalement manqué les playoffs. CQFD.


Orphelins perdus dans l’Ohio.
Il s’en est allé, le roi. Parti pour toujours. Pas un départ, un cataclysme. Les Cavs ont pleuré toute la saison, sans envie, sans punch, sans mental, sans rien…Premier à l’Est l’an dernier, Cleveland a fini dernier cette saison. Ca s’appelle un gadin ! Avec une historique série de 26 défaites consécutives en prime. Kyrie Irving a du boulot…

Les touristes de Washington. John Wall possède bel et bien un potentiel de futur grand meneur NBA, McGee d’excellent défenseur, tout n’est pas pourri à D.C. Certes, mais la saison des Wizards reste entachée – entre autres – d’une série calamiteuse de 25 défaites de rang à l’extérieur. Une gabegie, une honte finalement terminée…à Cleveland. Les joueurs de la capitale terminent avec le famélique bilan de 3 succès à l’extérieur contre un score – 20-21 – quasi-équilibré à la maison.

Les plaies de la saison #1

8 juillet 2011

carlos boozer chicago bulls

Comme le prochain exercice est encore bien loin d’être lancé, attachons nous au précédent. Et comme c’est facile, bête et méchant, moquons-nous !


Lebron « me, myself » and James.
La saison n’avait même pas débuté. Non, il s’agissait-là d’une tiède soirée d’été. Une de plus à patienter frénétiquement pour savoir. Savoir ce qu’allait devenir Cleveland, connaître le nouveau visage de la Ligue. Problème, le double-MVP a le melon. Mais sévère. Alors, le King s’est dit que se payer un tweet, ça faisait cheap. Une conf’ de presse ? Trop classique. Non, Lebron a voulu son show tv. Du jamais-vu et – tout le monde l’espère – du jamais refait ! Ignoble spectacle d’un mec boursouflé par son égo, à se demander comment il fait pour résister à son reflet dans le miroir… Mais le pire de tout étant la décision en question.

Installer un décorum de star de cinoche, faire languir des millions de fans, mettre une ambiance d’apothéose…tout ça, serait passé si la star-télé avait l’esprit d’une star NBA. En d’autres termes, il aurait pu se la péter façon Oprah si le tout s’était fini par « Je reste à Cleveland et je vous promets que les Cavs remporteront de nombreux titres. » Là, tout un peuple aurait bondit de joie, fier d’être représenté par un leader charismatique et ambitieux.

La réalité fut bien plus triste, le MVP préférant la compagnie de D-Wade et CB1, les plages de South Beach et un destin de « suiveur » et non de leader. Pas le genre de tempérament que les Américains apprécient. Pas du tout même. Un gros raté donc. Au niveau de l’image du joueur bien sûr, mais aussi de son véritable tempérament. Il s’aime trop – ça, on le savait déjà – mais en plus, il milite pour être la star médiatique de la Ligue plutôt que celle des parquets. La plaie de l’année est arrivée avant le début de la saison, balaise !

La blessure de Carlos Boolet. « J’étais chez moi, et on a sonné à la porte. J’ai couru, et je me suis pris le pied dans un sac. J’ai voulu me récupérer mais comme je fais 120 kilos, ma main n’a pas supporté tout mon poids. »  2 mois d’absence pour Boozer et ce, en tout début de saison. Les Bulls se demandent déjà s’ils ont fait le bon choix.

La saison de Carlos Boozer…Il faut quand même se rappeler que mis à part les Three Amigos, la signature de Boozer à Windy City représentait l’autre gros trade de l’intersaison. Pire que sa blessure débile, ce sont ses perf’ sur le parquet qui ont interrogé, durant toute la saison. Puis les questions ont rapidement laissé place à quelques certitudes : la Booz’ fut surcoté (la chance de jouer avec D-Will certainement).
Au final, l’ex-Jazz a simplement baissé dans chacune des catégories statistiques par rapport à l’an dernier. Ou un énième all-star endormi sur son gros tas de billets. Si ses qualités de leader ont toujours fait rigoler, sa régularité représentait son principal atout pour ses coachs respectifs. A Chicago, on espère au contraire qu’il ne stagnera pas longtemps à ce niveau faiblard.

Les playoffs de Carlos Boozer. Comme un bon vieux soap à l’ancienne, la saison de Carlos Boozer fut suivie avec attention par beaucoup de monde. Attendant le fameux « déclic » que l’on aime tant décrire dans les milieux sportifs. Et à l’instar des vieilles séries pourries, l’intérieur a déçu, la sauce ne prenant jamais, le suspense – va-t-il dépasser les 10pts ? – restait quand même très light. Une illustration ? Sa dernière sortie de l’année et l’élimination contre le Heat. Lors du match le plus important de l’année, Boozer signe un probant 1/6 aux tirs, pour 5 pions et 6 rebonds. Sur l’ensemble de la postseason, l’intérieur termine à 12pts et 43% de réussite. Si si, il émarge bien à 16 millions $ la saison…

« Baby, baby » MVP… Où va le monde ? Enfin, la NBA surtout ? Un match des célébrités lors du All-star week-end, je l’accorde, ne prête pas non plus aux plus fortes polémiques. Mais tout de même, Justin Bieber élu MVP lors d’une rencontre à laquelle participait Scottie Pippen. L’ex-Bull l’a d’ailleurs bâché avec le coude ! Pfff…La hype l’emporte toujours chez l’Oncle Sam.

A.I, la tête de turc. Prenez un joueur capable de mettre à genou 80% des meilleurs joueurs actuels de la Ligue, filez-lui un égo monstre, saupoudrez d’un bon vrai caractère de gangster mafieux et attendez qu’il se fâche avec tout le monde. Allen Iverson est triquard en NBA, à tel point qu’il a voulu tenter l’aventure au Besiktas Istanbul. Une blague pour le plus « ghetto » des NBAers. Forcément, ça a clashé rapidement. Mais le pire dans tout ça, c’est qu’il pourrait bien s’agir d’un arrêt définitif de The Answer. Triste fin pour la tête brûlée la plus attachante de l’histoire récente de la Ligue.

Deron Williams au Besiktas, c’est possible…

8 juillet 2011

C’était annoncé, le lock-out allait entraîner une foule de rumeurs de transferts des NBAers vers l’Europe. Certaines ne valent rien, d’autres semblent un peu plus avérées. Parmi celles-ci, D-Will au Besiktas.

Une vraie star. Il ne s’agit pas d’un retraité, ni même d’un joueur de seconde zone. Non, Deron Williams se classe aisément dans le Top3 – Derrick Rose et Chris Paul un peu devant – des meilleurs meneurs du monde. Un mec qui lâche 10 caviars par rencontre depuis la naissance, capable de driver, de shooter de loin et devenu expert dans l’art du pick-n’-roll. Ce dernier point d’ailleurs, risque bien de faciliter son adaptation au jeu continental et ses systèmes demi-terrain. Bref, posséder Williams au sein d’une franchise NBA est déjà une assurance tous risques mais alors dans le championnat turc, ça peut faire d’énormes dégâts.

5 millions. C’est ESPN qui l’annonce, le Besiktas aurait formulé une offre de 5 millions de dollars pour une saison. Le joueur aurait évidemment la possibilité de rejoindre ses terres si la grève prenait fin. Deron toucherait ainsi un salaire mensuel de 200 000€. Le tatooé aurait donné son accord de principe, reste à finaliser les derniers détails contractuels mais son arrivée pourrait bien être effective d’ici peu.

Avec Zaza? D-Will pourrait bien retrouver un autre NBAer à Istanbul, le boucher géorgien: Zaza Pachulia. C’est le président du Besiktas qui a annoncé cette venue. Deux joueurs NBA dans le cinq majeur, ça fait un joli recrutement. Personne n’a rien demandé mais d’où sort tout cet argent?

Avec Kobe? LOL…Bon d’accord, c’est pour la blague! Mais quand même, le président turc s’enflamme et annonce des contacts avec le Black Mamba. Montant du transfert? Le PIB du pays…

Et les autres? Andreï Kirlienko aussi voudrait bien rejoindre l’Europe. Tellement désespéré le Russe, qu’il a lui-même été à Madrid pour rencontrer le staff du Real. L’ex-MVP de l’Euro semble donc bien décider à quitter la NBA – peut-être bien définitivement d’ailleurs – où il n’a jamais trouvé sa place. Mais AK47 s’enflamme un brin et souhaite un salaire mirobolant. Même le grand Real ne peut s’aligner sur ces prétentions. Affaire à suivre donc, le CSKA pourrait entrer dans la course…

 

NBA: C’est fermé!

1 juillet 2011

L’annonce officielle du lock-out par la NBA…

Still love this game?

30 juin 2011

Une grève au mépris du public est en marche…We still love this game?

Rester fan ? Au foot, un Qatari rend n’importe quel club sexy et attractif, quand le vélo ferme les yeux sur un contrôle antidopage positif puisqu’il s’agit d’Alberto Contador…Le sport moderne a cela de pourri : l’argent dépasse tout. Autant l’intérêt sportif que la santé des athlètes. Et on ne parle même pas de l’intérêt que portent les pros au public… La NBA en est la parfaite illustration.

En réponse à des salles se vidant, les dirigeants choisissent de fermer boutique. Etrange politique pour la cote de popularité de la Ligue. Mais ils s’en foutent, les moutons remplissant les salles reviendront bouffer des seaux de pop-corn, ils en restent persuadés. Pareil pour les joueurs et leur habituel « Je ne remercierai jamais assez mes fans. » A gerber. Ils défendent leurs millions, ils défendent leurs acquis au détriment de tout le reste. Etre fan, c’est fermer les yeux et accepter de supporter ce type de personnages, tolérer un système de milliardaires pathétiques, de caprices de starlettes et de « têtes pensantes » nous prenant vraiment pour des bovins.

Faut se le dire, le sport n’est plus qu’un spectacle, les sportifs des intermittents courants après leur cachet, les proprios des producteurs véreux prêts à tout briser pour quelques dollars de plus. Si tout le monde le sait pertinemment, le lock-out met tout cela en lumière : les escrocs avides ne peuvent plus se planquer derrière leur « amour du sport. » Du chiqué.

Alors, faut-il rester fan ? Ce qui a attrait à l’émotif ne se commande pas de toute façon. Mais ne pas sentir un relan de gerbe monter au moment où tout reprendra, ça ne sera pas évident pour tout le monde. Surtout, celui qui se fend d’une centaine de dollars pour mater le LeaguePass. Surtout pour celui qui bouffe des pates pendant trois semaines pour emmener ses mômes au Staples Center. Surtout aussi, pour tous ceux – employés de ménages, sécurité, journalistes, soigneurs, etc… – qui vont se retrouver sur la paille, sans boulot pendant que les friqués s’étriperont par avocats interposés.

L’élite bouffée par l’argent contre la populace, bien plus nombreuse mais bien plus faible aussi. Et méprisée. Le combat se retrouve un peu partout, dans tous les secteurs économiques. Le sport en est un aujourd’hui. Comme les autres. Le but reste donc de faire du fric. Toujours plus de thunes. Ça dégoutte un peu d’être confronté partout à ce même principe vénal et immoral.

We (still) love this game. Le problème étant qu’aussi pauvre ou dans la merde que l’on soit, la passion ne se commande pas. Être fan, c’est en soi et même une grève injuste, bête et méchante ne saurait éteindre cette flamme ravivée à chaque fin de mois d’octobre. Alors, beaucoup y retourneront. Mais gardons à l’esprit la réalité des choses : le public est clairement ignoré par la Ligue, dirigeants et joueurs. En période de grève comme en pleine activité, nous ne représentons que de simples tiroirs-caisses.

Perturbations à prévoir dues à un mouvement social

30 juin 2011

En France, on connaît bien la situation, la grève faisant partie intégrante de notre patrimoine national. Même les Britanniques s’y mettent aujourd’hui. La NBA aussi, connaîtra une cessation d’activité. A partir de ce soir, c’est terminé. Bernard Thibault est sur le coup.

Trafic très perturbé. Un lock-out, c’est un peu comme une bonne grève SNCF. Le public ne sait pas trop qui a vraiment raison. Est-ce l’employeur ou l’employé ? Chacun a sa version et, surtout, en tire la même conclusion : c’est l’usager/fan qui trinque. A partir de demain, la NBA ferme donc ses portes. Les piquets, banderoles et fumigènes vont ressortir. Paraîtrait que Lebron apprend l’Internationale, en ce moment.

Grève intégrale et reconductible. Le problème réside ici : personne ne peut indiquer une date butoir à ce conflit. Alors, ça fait flipper. Surtout qu’une théorie – entendue de plus en plus souvent en ce moment – plaide pour une annulation pure et dure de la saison prochaine. Selon quelques dirigeants – ceux-là même qui ne cessent de clamer leur amour pour leur franchise, leur sport, leurs fans – zapper un exercice complet permettrait ainsi de renflouer les caisses de la Ligue. Inquiétante perspective.

Grève dure. Les mouvements sociaux ne comptent pas tous la même tension. Il y a bien eu la grande victoire contre le CPE, mais pour les retraites, ça a quand même bien capoté. Là, le lock-out c’est du conflit baroque, au couteau, les deux camps étant tous deux incapables de dialoguer ou d’entendre la moindre concession. Ça pue mais faire durer le conflit jouera toujours en faveur des patrons.

Mauvaise foie et hypocrisie. Les franchises NBA ne gagnent plus assez d’argent (selon leurs propriétaires). La NBA restant la Ligue sportive la mieux rémunérée de la planète, ça paraît falacieux comme raison tout de même. Le fait que ces difficultés financières soient la cause d’une mauvaise gestion de ces mêmes patrons, n’a jamais été mentionnée. Bref, les torts sont lourds et partagés entre des patrons cyniques et suffisamment assoiffés de dollars pour « tuer » leur sport – dur de se remettre d’une saison annulée quand même ! – et des joueurs pourris gâtés depuis trop d’années. Mais ça, les acteurs s’en moquent, l’important ce sont les billets amassés.

Hard-cap. La principale raison qui fait craindre une annulation pure de la saison prochaine. Les dirigeants jouent les durs et veulent remplacer le flex-cap de 62 millions par un hard-cap de…45 millions. Ou 33% de baisse salariale. Ou la suppression des contrats garantis. Ou la fin de la récré pour les joueurs (surtout, la middle-class). Ou une proposition qui va véritablement cristalliser les positions de chacun. Les joueurs n’accepteront jamais cela, les proprios tenteront de jouer la montre. Ça va durer et ça sera moche.

Ce que ça va changer. Tout. Enfin, pour nous. A savoir que l’été n’est déjà pas très stimulant en NBA – hormis les concours de planking ! – mais là, il n’y aura carrément plus aucune image, photo, parole à se mettre sous la dent. Juste une déclaration de temps à autre pour rallumer le brasier des négociations. C’est tout, même le sanctuaire NBA.com fermera ses fenêtres, les joueurs ne seront plus payés, les entraînements stoppés, les transferts bloqués…Un blackout total sur le microcosme NBA.

Ce qu’on peut faire. Partir en vacances ? (Parce que suivre le mercato Pro A, faut quand même pas pousser…) A la limite, la NCAA peut gagner un peu d’intérêt. Ou alors, guetter chaque brin de rumeur envoyant une star NBA en Europe ? Mater le dessin animé de TP ?  Suivre les vacances de Ron Artest? Bon d’accord, il suffit de pleurer un bon coup. Chialer et prier pour que ça reparte un jour. Et omettre que les espoirs restent faméliques…

Les soldes NBA

28 juin 2011

Paraît que la draft est pourrie cette année. Reste encore les free agents pour se renforcer. Si les transferts n’auront rien à voir avec ceux de l’an passé, il reste quelques bonnes affaires.

Les stars

Nene. Un pivot à 15pts et surtout 61% de réussite, ça attire l’attention ! Alors quand, en plus, il prend ses 8 rebonds et file une énergie folle à votre raquette, ça devient clairement la frénésie. En gros, les Nuggets ont tout intérêt à allonger les billets sinon, le Brésilien s’en ira de son club de toujours. Un pivot de ce calibre fera, de toute façon, le bonheur de n’importe quelle franchise. Le Heat s’est positionné depuis bien longtemps.

Marc Gasol. Comme pour Nene, les Grizzlies vont devoir passer à la caisse. Leur doublette Randolph-Gasol le vaut bien. Certes, mais les gros contrats déjà filés à Zachari, Rudy Gay et Mike Conley, réduisent la marge de manœuvre et l’Espagnol – après des playoffs monstrueux – devraient crouler sous les propositions. Affaire à suivre.

David West. Le seul All-star de la liste est blessé. Et salement blessé. Alors, West ne sera sûrement pas remis avant la reprise de la saison et n’a donc pas intérêt à lever sa clause libératoire. Mais s’il en décide autrement, les Hornets vont devoir se battre sévère pour conserver ce joueur adroit et très régulier. C’est l’avenir de la franchise de la Nouvelle-Orléans qui est en jeu.

J.R Smith. Il est complètement timbré, certes mais quel talent ! Un scorer fou, dunker féroce et pyromane avéré de la Ligue. En plus, Smith ne se voit pas rester dans le Colorado où la concurrence extérieure est devenue trop importante.

L’énigme

Yao Ming. Que dire sur Yao, hormis qu’il n’a disputé que 5 matchs depuis 2008-09 ? Le talent est là, reste à trouver une franchise susceptible de tenter le coup. Les Rockets sont prêts à l’accueillir mais plus à n’importe quel prix.

Les bonnes pioches

Jamal Crawford. Le pistolero en a un peu marre d’Atlanta et ça se comprend. La fenêtre pour gagner une bague est bien étroite en Géorgie. Crawford possède, lui, une très belle cote sur le marché. Sa capacité à faire sauter une défense en sortie de banc, à jouer meneur ou arrière, son adresse et son sang-froid lui confèrent le profil idéal pour à peu près toutes les grosses cylindrées NBA. Les Hawks ont intérêt à mettre les petits plats dans les grands.

Deandre Jordan. Le pote de Blake Griffin devrait rester à L.A. En tout cas, les dirigeants ont affirmé qu’ils s’aligneraient sur toutes les offres. Le duo d’intérieurs semble une bonne base pour construire quelque chose chez les Clippers. En espérant qu’ils ne foirent pas tout, comme d’habitude…

JJ Barea. Forcément, le lutin a laissé des traces dans toutes les mémoires après les derniers playoffs. Le Porto-Ricain s’est fait un nom en terrassant, rien de moins que les Lakers, le Thunder puis le Heat. une vitesse d’exécution surréaliste, une vista impressionnante, un sang-froid hallucinant, les Mavs voudront le garder – en faisant miroiter la place de meneur titulaire à la place de Kidd ? – mais L.A a inscrit son nom dans ses petits papiers pour succéder à Fisher. Barea a gagné le luxe de pouvoir choisir sa nouvelle adresse.

Kris Humphries. Mr « Kim Kardashian » a la cote! Après une très jolie fin de saison, Humphries a prouvé qu’il avait l’étoffe d’un vrai 4, au sein de cette Ligue. Il se dit content de son sort dans le New-Jersey et devrait recevoir une proposition très correcte de la part de Prokhorov. Avec l’arrivée de D-Will en ville, Humphries n’a aucun intérêt à bouger.

Samuel Dalembert. Lui ne réclamera pas un énorme paquet de biftons mais plutôt une chance de gagner un titre. Le pivot défensif par excellence. Courageux, combattif, il n’a jamais perdu sa motivation. Et ce, même à Sacramento. Un homme bien et un joueur capital dans la quête d’une bague. Les gros bras – Miami et New York en tête – sont sur les rangs.

Michael Redd.  S’il accepte le minimum vétéran, Michael Redd pourrait être une superbe recrue. Shooter soyeux et ancien gros scorer, il pourrait s’offrir un rôle à la Peja Stojakovic avec Dallas, cette saison. Les shooters restent une denrée rare.

Aaron Brooks. Il a trop de talent pour croupir derrière Steve Nash. Brooks doit partir pour confirmer sa belle saison chez les Rockets. Un meneur-scorer très rapide qui peut rendre de précieux services à toute franchise.

Tayshaun Prince. En dépression totale cette saison à Detroit, Prince a encore 3 bonnes saisons à offrir. Bon défenseur, joueur dévoué et polyvalent, ses longs bras et son expérience devraient séduire plusieurs franchises.

L’autre énigme

Andreï Kirilenko. L’an dernier, Andreï Kirilenko touchait 18 millions de dollars. Une escroquerie donc vu les performances du Russe. Paraît qu’il va mieux, il devrait participer au prochain Euro. Autant dire qu’il a intérêt à tout casser car, en ce moment, sa cote a nettement baissé. Reste un joueur polyvalent et très bon défenseur. A lui de ne pas se montrer trop gourmand s’il veut jouer les playoffs, l’an prochain.

Les arnaques à éviter

Glen Davis. Ce bon gros « Big Baby » va enfin pouvoir négocier comme il l’entend. Lui, le nounours de Boston, est persuadé de mériter une place de starter dans la Ligue. Après les playoffs médiocres qu’il vient d’effectuer, il va devoir se montrer des plus convaincants auprès des proprios. Scorer, il sait faire. Tchatcher, aussi. Le reste ? Pas sûr…

Rodney Stuckey. Il joue vite, score beaucoup et…perd encore plus. Sans vouloir tout lui mettre sur le dos, son arrivée a coïncidé à la chute des Pistons. Un joueur trop petit pour jouer arrière, trop perso pour jouer meneur. Un bouffeur de balles. Au mieux, un 6e homme – pour peu qu’il accepte ce rôle – dans une grosse escouade. En tant que titulaire, il ne fera jamais gagner personne.

Alexis Ajinça. Renvoyez-le en Béarn ! Il n’a rien à faire en NBA…

Greg Oden. Faut lui souhaiter le meilleur mais s’il s’agissait de mon argent, je ne mettrais pas un centime…

NBA : Le lock-out, c’est pour jeudi…

28 juin 2011

Jeudi 30 juin au soir, l’accord salarial entre la NBA et ses joueurs prendra fin sans qu’aucun autre n’ait vu le jour. C’est la grève, c’est la lose…

C’est quoi ? Un lock-out est une grève. Pas tout à fait comme on l’entend ici, en France, puisque ce sont les proprios qui ferment boutique. Les dirigeants cessent l’activité car ils n’ont su s’entendre avec leurs employés (les joueurs).

Pourquoi c’est sûr et certain ? Cela fait maintenant plusieurs mois que ça couve, personne ne feindra la surprise. Mais vendredi dernier, la réunion – où les joueurs devaient annoncer leur contre-proposition – n’a rien conclu du tout. Les joueurs sont venus et n’ont absolument rien proposé. Ou comment lancer le bras de fer.

Pas de contre-proposition ? C’était quand même la seule chose qui pouvait encore donner une chance d’éviter le clash. Mais Billy Hunter – ancien joueur NFL et représentant du syndicat des joueurs – a eu ces mots limpides : « Pourquoi nous n’avons pas fait de contre-proposition ? Parce que nous avons le sentiment que la précédente était suffisante.»

Et la précédente disait… L’offre déjà donnée par les joueurs entendait une baisse des salaires, à hauteur de 500 millions de dollars sur cinq ans. Une somme jugée « modeste » par David Stern. Les deux partis concluant sur le même refrain « Il y a des avancées mais l’accord est encore loin. »

Hard-cap. Une idée tirée du règlement NFL. Le salary cap – limite salariale à ne pas dépasser par les franchises – représente le nerf de la guerre. Un hard-cap de 62 millions $ a donc été proposé par les dirigeants. Les joueurs n’ont même pas voulu en entendre parler.

Flex-cap. D’où l’idée du flex-cap. Comme le hard-cap mais avec des exceptions. La masse salariale serait plafonnée à 62 millions de dollars – contre 58 aujourd’hui – qui ne pourrait être dépassé sauf dans certains cas (mais cela resterait très exceptionnel, bien moins fréquent qu’actuellement). Pour David Stern, c’est la meilleure chose à faire. Les joueurs sont loin de partager cet avis.

Les joueurs unis. Lors de cette fameuse (et inutile) dernière réunion, quelques grands noms de la Ligue ont pointé leur nez, flanqués d’un t-shirt « Stand. » Parmi eux, Kevin Garnett ou Chris Paul, pour ne citer que les têtes d’affiche. Bref, les stars NBA savent de quoi il en retourne – KG a déjà vécu un lock-out – et affichent leur unité. Les patrons sont prévenus.

Les proprios en font-ils trop ? La question trottant dans les têtes de tous les patrons NBA, n’est bien sûr pas de savoir s’ils réussiront à boucler le budget pour la fin du mois. Non, les franchises NBA restent des machines à billets verts, des usines à fric. Mais en affaires, la question tourne toujours autour du « comment pourrais-je en avoir encore plus ? » Et c’est bien là, que réside toute la question du lock-out. En jouant les malheureux – ambiance crise économique oblige – les patrons tentent de faire oublier qu’eux se gavent encore plus que les joueurs. Surtout que la NBA n’annonce pas un bilan financier désastreux, selon plusieurs économistes.

Le point de vue des joueurs. Les joueurs défendent leur steak. Dur de les en blâmer puisque tous les employés feraient la même. Une baisse de salaires de 30 à 40%, ça pique et ça donne surtout l’impression de se faire enfler sévèrement par rapport aux anciens. Surtout, des changements profonds – hard cap, contrats non garantis – sont aussi réclamés par les dirigeants. Des requêtes qui changeraient la donne en matière de négociations pour les joueurs. Comme souvent, les stars ne seraient que peu affectées, les joueurs de seconde zone, eux, pourraient voir leur situation devenir bien plus précaire.

Des négociations à long-terme. Dans le monde du travail classique, les accords salariaux sont négociés à l’année. Pas en NBA. Les patrons aimeraient d’ailleurs que le contrat signé cet été – ou bien plus tard – court sur près d’une décennie. Comme le climat actuel est des plus difficiles économiquement, les dirigeants comptent bien en profiter. La crise a filé des dettes à toute l’Amérique, donc à la NBA aussi. Et personne ne peut nier que les joueurs soient surpayés.

Image. Désastreuse, forcément. Ce n’est pas comme la NFL qui n’en a que faire – le foot US reste une religion là-bas – la NBA a souffert pour retrouver son identité après la grève de 99. Des millionnaires se plaignant pour leur salaire, ça le fait pas. Surtout en ce moment. Les joueurs en ont conscience mais…c’est tout. Ça ne changera rien à la donne.

Les fans, grands oubliés. C’est clair ! Les fans n’ont qu’à se repasser les cassettes des saisons précédentes car, pour l’heure, personne n’a vraiment envie que les choses bougent. « A celui qui cèdera le premier« , semblent jouer les deux camps. Un brin ridicule mais vu les sommes en jeu – quelques milliards de dollars – il y a fort à parier que le jeu dure encore longtemps. Les déclarations envers les fans ne cesseront de se multiplier. Peut-être mais le tout se fera dans la plus pure mauvaise foi qui soit. Propriétaires et joueurs NBA n’ont que leur propre intérêt en tête. Le fait que la Ligue vive sur le merchandising, le prix des places et les droits tv – le public, quoi – n’entrera jamais en compte dans l’esprit des deux camps. Cynique certes, mais les fans reviendront. Pas les billets.

La NFL. Le foot US offre un bien triste exemple de ce qui attend tous les fans de la balle orange. Cela fait plus de 100 jours que les « footeux » ont lancé leur lock-out. Une aberration tant les proprios NFL possèdent bien plus d’avantages – hard-cap, contrats non garantis, le franchise tag -que leurs homologues NBA. Aucun accord n’a encore été trouvé.

Quel camp choisir ? D’un côté les starlettes surpayées qui plantent le piquet de grève. De l’autre, les proprios qui jouent sur des chiffres obscurs, incalculables et improuvables. Des millionnaires face à des milliardaires. Bref, difficile de choisir. Une chose est sûre tout de même : la NBA repose avant tout sur…les joueurs. Ils sont le « produit d’appel » de la NBA, ils ramènent les fans et poussent cette ligue toujours plus haut. Les propriétaires se doivent de ne jamais oublier cela. La NBA ne tient que sur cela : proposer des affrontements entre les meilleurs joueurs de la planète. Pour les dirigeants, il est donc impensable de gérer une franchise telle une société lambda. Les employés sont égocentriques, imbus de leur personne et bien trop gourmands financièrement mais…uniques de par leur talent. A l’inverse des patrons, les NBAers ne sont pas tous multimillionnaires et la carrière d’un athlète restera toujours plus courte que celle d’un magnat de la finance.

Que faire ? Balancer son smartphone à terre, éteindre son PC et enfiler ses sneakers. C’est l’été, les playgrounds fleurissent à nouveau, un peu partout sur la planète, il est grand temps de goutter au « vrai » basket. Comme tout désaccord américain, le lock-out se terminera devant un juge. Les avocats auront donc forcément le dernier mot. Les fans, eux, seront lésés de toute façon alors autant profiter des vacances et se râper les pieds sur le bitume.

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants

14 juin 2011

dirk nowitzki, dallas mavericks

Un film doit avoir son très très méchant et son très très gentil. Et devinez qui gagne à la fin ?

Un méchant en or. LE méchant – très moche, très méchant, un traitre, un mauvais joueur, un monstre ? pas loin – s’appelle Lebron James. Il était dit que cet homme ne gagnerait pas cette année. Pas après sa « Decision », pas après avoir « trahi » Cleveland – parce qu’il n’avait pas le droit de changer d’équipe ! – pas après avoir « insulté » les anciens (MJ n’aurait jamais fait ça !). Depuis le 1er jour de la saison NBA, Lebron James a été enregistré dans la case de l’homme à détester, à huer. L’Homme à abattre.

Des héros terrassés. Pour que le film soit bon, il faut quand même de l’aventure et un méchant pas si facile à découper que cela. Alors Lebron a joué le jeu, prouvant toute la saison qu’il était bel et bien resté le meilleur joueur de cette planète, classant son équipe en 2nde position de Conf’, régnant sur les Top10 et la majorité des catégories statistiques.
Derrick Rose lui a chipé le titre de MVP – il sourit mieux – mais s’est fait rincer en playoffs. Les C’s – champions en titre à l’Est – n’ont pas survécu non plus. « Dark Lebron » était trop fort…

Un gentil très très gentil. Mais il était dit que la route du Heat se stopperait sur un « Je vous l’avais bien dit ! » En gros, il fallait prouver à James son mauvais choix. Tout le monde était d’accord mais les Bulls – candidats choisis par l’Amérique – ont failli. Du coup, les supporters se sont tournés vers les « petits hommes bleus » pour un remake du déjà peu original Avatar (mais plus gros succès de l’histoire en dollars ! Des chiffres qui parlent à Stern).
Une bande de Texans vivant à la cool, que personne ne prend vraiment au sérieux et qui se retrouve bombardée au centre de toutes les attentions. David contre Goliath. Le décor est planté.

Pas un héros, un anti-méchant. A la tête de l’escouade Mavs, Dirk Nowitzki. Ou tous les observateurs, journalistes, joueurs, coachs, analystes, plombiers, chômeurs ayant – à juste titre – affublé l’Allemand du surnom de « loser » subissent une amnésie temporaire : « Go Mavs !!! » devient le chant le plus populaire aux Etats-Unis. Normal, un ennemi commun rassemble toujours les peuples.
Dirk, lui, c’est le blond-blanc-gentil-humble-respectueux-fidèle à son club. Lebron, c’est le tatoué-méchant-frimeur-grande-gueule-traitre. A la George Lucas, David Stern a aligné les gros stéréotypes pour ne perdre personne en route.

La finale. Deux stars aux antipodes l’une de l’autre. Deux équipes construites différemment. La présentation laisse déjà présager la fin. Une escouade fabriquée à coups de millions, sans vécu ni collectif face à un roster de vieux briscards méritant tous d’enfin choper le graal. Dur de faire plus mièvre mais c’est ainsi. La NBA adore, le public aussi.

2-1. Suivant toujours un scénario pour le moins usé jusqu’à l’os, le méchant domine les débuts. Le héros est dans les cordes, mené et fébrile. 2 succès pour le Heat, 1 seul pour Dallas. Les méchants, froids et sanguinaires, ne sont pas loin du sacre. Comme dans les séries Z, c’est là que le « cerveau » du Mal livre ses secrets, son plan machiavélique au héros avant de se prendre les pieds dans le tapis.

Game 4. C’est bel et bien ce qui arriva dans le Game 4. Lebron James fut pathétique. 8 points, 3/11 aux tirs, 4 balles perdues et une défaite en appelant trois autres. Une parodie de basket pour un joueur qui n’avait jamais connu cela en huit ans de carrière. Jamais. Tombé du côté obscur de la Force, rattrapé par ses démons façon Anakin, il ne pouvait plus gagner.

Entre mièvres et réalités. L’happy End était donc bien lancée. Le Heat devenant une équipe hésitante pour la première fois des playoffs, au moment de conclure. Au moment de prouver aux critiques qu’ils avaient tort de critiquer ce trio fou aussi. Au moment où cela arrangeait tout le monde, en fait.
Les Mavs l’ont donc emporté grâce à des seconds-couteaux trop heureux de vivre une gloire qu’ils pensaient réservée aux être supérieurs de cette Ligue. Dallas c’est la victoire du peuple, de la bande qui y croit plus que les autres. Un sacre qui fait plaisir à tout le monde (ou presque), prouvant que « le basket est un sport collectif. » Et tous les journalistes mièvres de la planète de sortir « Je vous l’avais bien dit ! » (que cette association de malfaiteurs ne pouvait l’emporter !).

Dirk, le meilleur. 2nd MVP européen des finales après TP, Dirk est l’un des plus grands talents de l’Histoire de la balle orange. Son titre n’a rien d’usurpé et ne fait que vanter sa persévérance et son acharnement. Il le mérite et ne le doit qu’à lui. Un héros, un jedi presque. Surtout qu’il a vaincu les forces de l’ombre ! Mais la célébration texane a frôlé l’ambiance vomitive.

Mavs et bisounours. Jason Kidd et ses 38 printemps, ses mômes, sa femme, etc…Jet Terry, Tyson Chandler, JJ Barea, Shawn Marion….Une belle bande de losers ! Personne n’a jamais vraiment supporté cette escouade car elle n’a jamais fait rêver personne.
Trop gentille l’équipe de Cuban pour ne pas se faire braquer par Kobe ou les Spurs. Mais la NBA a changé et avait besoin d’un vainqueur « very nice » pour abattre les « very Méchants. » Sur ce point, Dirk ne possédait aucun concurrent.

Fin d’une époque ? La NBA formate telle une broyeuse tous les tempéraments. Quelques rebelles n’ont pu résister (type Iverson, JR Rider) mais bien souvent, les millions de dollars suffisent à assagir tous les représentants de la Ligue.
On le voit en ce moment, les nouvelles coqueluches se nomment Derrick Rose, Kevin Durant ou Nowitzki. On est très loin du charisme et des réactions colériques des anciens maîtres des bagues : Michael Jordan en tête, Kobe, Shaq ou encore les Celtics.
La hargne, la mauvaise foi, la rage, les fautes et quelques insultes ornaient leur domination sur la Ligue. Un modèle brisé sur l’autel de la médiatisation à outrance du côté de South Beach. Pour gagner désormais, il faut être corporate.

Tout le monde est content. Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Quoique… Pour le coup, le bonheur des Mavs fait le bonheur de… tout le monde ! Mis à part en Floride (et encore), personne ne voulait voir le Heat l’emporter. Aussi, la Ligue ne peut que se féliciter des audiences record de cette année.
Si tout le monde déteste Lebron, personne ne manquerait un seul de ses matchs ! Là est bien l’injustice entourant le King. Le joueur le plus détesté étant également le plus populaire. Pour preuve, le « social MVP » sur NBA.com : James étant en tête avec 121 938 votes. En 2nde place, Dirk en compte à peine le quart : 33 647 voix.

James, born to lose ? Personne ne peut l’affirmer mais Lebron a vêtu l’uniforme du parfait méchant. Celui qu’on appréciera toujours voir perdre contre une histoire plus belle, un destin plus méritant, un collectif plus homogène. L’an prochain, Kobe a une revanche à prendre, Derrick Rose et Kevin Durant en auront terminé de leur puberté et les C’s se lanceront dans une dernière danse. Des escouades que l’Amérique supportera, surtout face à Miami. Et James de se dire qu’un destin de Loser l’attend.

A moins que…Comme il s’agit bien du talent le plus impressionnant de ce siècle en matière de basket, un titre viendra donc sûrement couronner sa carrière. Pour l’an prochain,  un revival de « Rocky 3/ L’œil du tigre » par exemple. Cette saison, la rédemption inachevée. L’an prochain, le règne ?
MJ avait perdu contre Detroit – un collectif – puis Orlando – la relève d’alors – avant de lancer ses deux threepeat. Rocky, lui, se fait gifler par Mister T avant de retrouver ses cadavres de barbaque en chambre froide pour un énième come-back. Lebron en a reçu plus que n’importe qui des uppercuts. A lui maintenant d’enfiler le collant moulant du « gentil ayant compris ses erreurs du passé. » Ca a marché pou Kobe, pourquoi pas pour lui. Et lui-aussi aura ainsi droit à sa belle histoire.