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Miami : Une finale et des histoires

30 mai 2011


Autant de héros potentiels avec, chacun, un destin à accomplir.

 

Dwyane Wade le leader

S’il en est bien un qui a dû s’adapter plus que tout autre, c’est bien Flash. Il faisait la pluie et le beau temps à Miami, depuis 2003. Pas même le Shaq n’avait tenté de contester son aura. N’empêche, en accueillant son pote Lebron et Chris Bosh, D-Wade savait bien que ce ne serait pas aisé, niveau ajustements sur le parquet. Mais Flash n’a jamais reculé, s’est entêté, a beaucoup discuté avec James et est arrivé à trouver l’amalgame le plus adéquat pour cumuler les victoires. Une ligne supplémentaire à ajouter dans la colonne « qualité » du numéro 3.

Désormais, Wade partage le leadership, le scoring, la création, la pression…un tout nouveau monde pour un go-to-guy habitué à tout faire tout seul. Mais Flash est  un capitaine, un winner. Il a su muer et faire évoluer son jeu pour le bien de son équipe. Une dernière marche reste à franchir pour le dire haut et fort : D-Wade est grand. Sportivement, mentalement et humainement.

Bosh doit s’essuyer !

Tout le monde lui a craché dessus! Le chouchou du 1er rang que personne ne blaire ! Bosh, ça a été un peu la cible facile de tous quand il s’agissait de critiquer le Heat. L’ancien raptor a, de plus, offert beaucoup d’eau aux moulins mécontents par des perf’ très légères pour un all-star.
Terminer cette saison par une victoire lui permettrait de faire la nique à toutes les langues venimeuses qui l’ont attaqué depuis le 27 octobre dernier. S’il ne mérite pas franchement tant de succès, Bosh n’a aucune raison de s’en priver pour autant.

Haslem, le Floridien

Udonis Haslem est un natif de Floride. Il y a grandi,  joué au lycée et passé son cursus universitaire chez les Gators. Quoi de plus normal que de le retrouver à Miami donc, où il a participé au seul et unique titre de la franchise. Bref, Haslem c’est un pan de l’Histoire-basket de l’Etat des retraités.

Surtout, son retour – après quelques 90 matchs manqués – a coïncidé avec de véritables progrès dans le jeu du Heat. Sa force dans le combat, son boulot défensif, ses rebonds, son envie…Haslem représente l’âme de Miami, le cœur d’une équipe un peu trop « propre. » Loin de la hype, loin de la frime, Haslem – il est passé par Chalon/Saône ! – mérite tout ce qui lui arrive et file un peu d’authenticité à cette nouvelle équipe. Sa belle aventure avec Miami est peut-être loin d’être finie.

Les braqueurs au boulot !

Zydrunas Ilgauskas, Eric Dampier, Jamal Magloire, Juwan Howard…Ils n’entreront sûrement jamais sur le parquet durant la finale. Normal, ils ne servent à rien. Mais ces quatre lascars cumulent 60 saisons NBA. 60 saisons à errer et espérer un titre. Z a lâché son club de toujours – Cleveland – pour suivre Lebron.
Dampier a débarqué en Floride après s’être fait jeter de…Dallas. Tout comme Magloire d’ailleurs (7 matchs dans le Texas). Juwan Howard, lui, tentera de glaner un autre titre que celui du mec le plus surcoté de l’Histoire qui lui colle aux basques depuis son faramineux contrat signé avec les Bullets.

 

 

Lebron est en mission

Devant les journalistes, James livre la soupe. Vanter le collectif, mettre en avant ses coéquipiers, le travail défensif de chacun. Il sait faire. Mais on n’enlèvera jamais l’orgueil du bonhomme. Il a eu beau adouber Derrick Rose, reconnaissant que le kid de Chicago méritait son trophée individuel, le King reste tout de même victime de son arrogance estivale. Les fans l’aiment moins, c’est un fait. N’empêche, sur un parquet, impossible de trouver meilleur !

Défensivement, il peut stopper n’importe qui sur n’importe quel poste. En attaque, son shoot n’a jamais été aussi fiable. Niveau gestion, il s’est fait un malin plaisir de détruire les Bulls dans les divers money-times de la série. Le taulier est à Miami. Dépossédé de sa breloque annuelle, il se verrait bien récolter celle du mois de juin. Sans émission de tv, cette fois.

Spoelstra : prouver, prouver et encore prouver

A l’instar de Chris Bosh, lui aussi n’a cessé d’essuyer les critiques. Trop jeune, pas assez charismatique, pas respecté, aucun système offensif…ses oreilles ont sifflé ! Beaucoup voyaient d’ailleurs Pat Riley lui prendre la place comme en 2006 avec Stan van Gundy. Mais le boss gominé a une foi totale en son technicien et ne l’a jamais remis en cause.
Au final, Riley a eu encore raison. Miami a certes galéré mais a trouvé sa meilleure carburation pour les playoffs. La défense représente un étau impénétrable et l’attaque…Bon d’accord, l’attaque c’est l’affaire de Lebron et Wade.
Mais n’est-ce pas la meilleure solution ?
Il semble impossible d’intégrer des talents aussi grands dans des systèmes trop stricts. Ils créent, squattent la gonfle et ce, avec beaucoup de réussite. L’intelligence de Spoelstra se trouve donc ici : solidifier la défense et laisser à ses surdoués les clés de l’attaque. De toute façon, l’équipe a été bâtie sur ce principe. Vu les résultats, difficile de lui donner tort. Lui-aussi mérite un titre.

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Playoffs NBA : Les Bulls ont-ils du répondant ?

24 mai 2011

derrick rose, chicago bulls

Chahutés comme jamais cette saison, les Bulls jouent le match de leur saison en terre hostile. L’envie et le talent ne suffisent plus, maintenant, il faut se battre. S’ils ont les tripes solides, c’est le moment de le montrer…

2 de suite ! Deux défaites de rang. Le bilan des Bulls est…catastrophique ! Du moins, comparé à ce qu’ils connaissaient jusqu’ici. Une telle série n’étant plus intervenue depuis le 7 février dernier. Et n’allez pas chercher une série de 3 revers. En playoffs aussi, Chicago s’était – jusqu’ici – toujours relevé après une défaite, répondant du tac-o-tac aux Pacers comme aux Hawks. Face à Mimai, ils ont dû baisser la tête par deux fois consécutives. Inhabituel donc. Avec le prochain match à disputer encore à Miami, la pression sera palpable dans le locker-room des Bulls.

Trop propres… Il faut quand même le dire. Si Chicago a été tant vantée depuis le début de la saison, cela était largement du à leurs extraordinaires performances et…au Heat. Oui, l’anti-thèse de Miami se trouve à Windy City. Un groupe solide de 10 joueurs, un collectif et, surtout, une star humble. Oui, cette humilité frôlant le vide total de personnalité est très régulièrement cité parmi les plus grandes qualités de D-Rose. Du coup, toute la franchise a bénéficié d’un soutien populaire assez incroyable cette année. Aux antipodes de l’équipe de Jordan certes, mais bien dans les standards dessinés par David Stern.

Pis…Noah est arrivé. Fâché. Toujours dans l’exubérance, le frenchy a craqué, balançant l’insulte que l’on sait et récoltant une amende de 50 000$. Une tâche dans le duel médiatique que se livrent les deux formations représentant l’avenir de la Ligue. Et ce, pas au meilleur moment puisque les coéquipiers ont du sortir le bouclier pour protéger leur pivot. Un brin de déconcentration dont ce serait bien passé coach Thibodeau.

Le Gator dans le dur. Plus encore que ce dérapage verbal, c’est bien le niveau de jeu de Noah qui a de quoi inquiéter. Sur la série, les stats font peur, le Français alignant un piteux 6 points de moyenne (à 29.6% aux tirs) avec seulement 50% de réussite aux lancers. S’il offre son corps dans le combat et qu’il s’avère toujours aussi précieux au rebond, l’ex-Gator n’est pas au niveau attendu. Pour l’instant du moins.

Bosh en profite. Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, la baisse de tension du chevelu coïncide avec une étonnante revitalisation de Chris Bosh. Loin de son niveau de l’an dernier, l’ex-raptor a galéré sévère cette saison. Mais les Bulls semblent convenir à CB qui le leurs rend bien. 34 pions au dernier match et la raquette du Heat – avec les apports énormes de Joël Anthony et Udonis Haslem – qui fait jeu égal avec celle de Chicago. Personne ne l’aurait parié.

Un de moins. Ça ne devrait pas changer le sort de la série mais l’absence d’Omer Asik offre un motif d’inquiétude supplémentaire au staff chicagoan. Une rotation intérieure en moins surtout. Un joueur en devenir mais un combattant permettant de faire souffler les starters ou de couvrir d’éventuels problèmes de fautes. Kurt Thomas pourrait reprendre le rôle mais le vétéran aura sûrement quelques difficultés à suivre le rythme imposé par Miami.

Un de plus. Car à Miami, c’est l’inverse. Le retour d’Udonis Haslem a rééquilibré la raquette et Spoelstra dispose – et c’est quasiment la première fois de l’année – de son effectif au complet. Un ajout permettant surtout de laisser en costume les préretraités qui servaient jusqu’ici de pivots au roster floridien.

 Un MVP qui doute. Si les voyants clignotent en mode warning du côté de Chicago, c’est aussi que le maître à jouer a un peu de mal depuis deux rencontres. 15/42 en cumulé, ça construit une belle maison mais ça ne gagne pas beaucoup en NBA. Forcément, tout le jeu offensif des Bulls se met à boiter. D’où une remise en question sincère de Derrick Rose confronté à un souci – la baisse de son impact sur les rencontres – qu’il n’avait encore jamais rencontré.

Un MVP qui change ? « Ce n’est pas moi. Je pense trop. Je dois changer mon état d’esprit immédiatement. Mardi, du début à la fin, je devrais être beaucoup plus agressif. Je dois trouver un moyen. Je ne sais pas comment je vais faire mais je dois saisir cette opportunité et foncer. » Tel un vrai leader, Rose ne se cache pas et endosse toute la responsabilité mais son aveu a beau être sincère, il dévoile le doute palpable qui trotte dans le crâne de la jeune star.

Plus vite. Si changement il doit y avoir, c’est surtout dans le rythme. Chicago ne possède pas suffisamment de solutions sur attaques posées et doit donc réussir à placer beaucoup plus de contre-attaques. Le type d’actions où personne ne peut stopper Rose et une des bases du jeu offensif prôné par Tom Thibodeau. Comme au Heat d’ailleurs. Pour cela, la défense doit voler plus de balles. Le serpent se mord donc rapidement la queue…

Réponse ce soir. Plein de doutes et d’interrogations donc du côté du leader de la Ligue. Deux défaites de suite, Rose dans le dur, Noah en galère, les autres qui ne parviennent pas à peser sans leurs leaders et un Heat plutôt bien dans ses pompes. Dans la même situation, Oklahoma a subi une déflagration subite, douchant les espoirs de la bande à Durant. Jeunes et ambitieux, les Bulls proposent les mêmes vertus que le Thunder. A eux d’apporter une bien meilleure réponse.

Playoffs NBA : CB fait payer cash !

23 mai 2011

Nul ou du moins largement insuffisant jusqu’ici, Chris Bosh a brillé, hier soir. Le Heat mène la série avec un Game 4 capital en ligne de mire.

Enfin ! D’accord, Boozer ne sait pas défendre et ne possède pas l’impact psychologique de Kevin Garnett. D’accord, les Bulls se concentrent surtout sur Wade et James. D’accord, Bosh n’a pas vraiment pesé en défense (Boozer terminant à 26pts, 17rbds) ni au rebond (seulement 5 prises). Bon, CB1 ne sera jamais le go-to-guy de cette équipe de Miami, c’est certain. N’empêche, la bande à Spoelstra avait un grand besoin de points et d’adresse, hier soir. Et Chris s’est fait plaisir.

13/18 aux tirs et surtout une jolie réussite en tête de raquette, obligeant les intérieurs rouges à sortir de la peinture. Un casse-tête insoluble pour Thibodeau qui n’a su adapter ses systèmes face à la réussite soudaine de l’ex-raptor. Après les 12 petits points de moyenne contre les C’s, Bosh signe là sa seconde sortie à 30 unités en 3 rencontres, face à Chicago. Son envie, sa hargne – des mots qui ne collaient plus du tout avec le joueur, cette année ! – ont impressionné, entraînant tout le roster. Dans son duel face à Boozer, Bosh se sent dominant et ça semble le libérer. Pourvu que ça dure…


Avantage Lebron. OK, Derrick Rose reste un magicien susceptible de réaliser à tout moment, une action simplement inimaginable. Des slaloms à toute vitesse, terminés par une arabesque tout en souplesse, récoltant la faute et les cris de stupéfaction de tous. N’empêche, le taulier sur le parquet – depuis deux rencontres – c’est bien Lebron.
Après avoir porté les siens dans les dernières minutes du Game 2, le King s’est mué en passeur-défenseur. Un truc de fou que cette capacité à faire ce dont son équipe a le plus besoin. Et James évolue actuellement à un tout autre niveau que n’importe quel être humain encore dans la course au titre. Après seulement quelques minutes de jeu, le numéro 6 vient déjà bâcher sévèrement Boozer. Il se retrouve ensuite au 5e rang des gradins après une interception !

Défenseur-passeur. Surtout, James agit tel un chef de meute et Joël Anthony se nourrit de cela avec appétit (4 contres en 1er quart pour le pivot).  Mais hier soir, Lebron ce fut également 10 passes pour aucune balle perdue. Un meneur qui fixe deux à trois défenseurs, qui voit les appels, sert dans le timinq son power en forme ou ses shooters libérés, Mike Bibby en profitant pour aligner deux banderilles.
Pis, six prises dans la raquette et l’impression qu’il était simplement partout et toujours en avance sur la concurrence. Un nouveau match monstre donc – 44 minutes passées sur le parquet – et une victoire en poche. James n’est – malheureusement pour les Bulls – jamais aussi fort que lorsqu’il prend l’ascendant. A Thibodeau de trouver la parade. Pas sûr qu’elle existe…

Derrick manque de pétrole. En face, Rose pioche toujours avec son shoot (8/19) et ne parvient pas à créer des décalages suffisants pour délier le jeu de son équipe. Surtout, c’est son absence d’impact dans le dernier quart (2 points seulement) qui a laissé une sale impression. Le Heat s’est bien adapté sur la défense du pick-n’roll, Rose terminant bien souvent dans une forêt de bras. Des choix défensifs libérant Carlos Boozer, mais rendant la vie bien plus difficile au génie.
Moins physique que Wade ou Lebron, le jeune meneur a eu du mal à tenir la distance sur toute la rencontre et a donc sombré dans les dernières minutes. Là où son équipe ne sait habituellement que lui filer la gonfle. Mais Rose a fait quelques mauvais choix, a manqué de spontanéité, de créativité. Depuis deux matchs, le Heat domine la guerre tactique de la défense. Une prouesse face aux Bulls.



Peut mieux faire ? Si Bosh fut étonnamment incisif hier soir, D-Wade n’était, lui, pas très bien luné. Flash a trop forcé, perdant 4 ballons pour seulement 3 passes décisives et shootant à 6/17.
C’est donc un Heat avec encore une marge de progression qui s’est imposé hier soir. D-Wade a tout de même réussi à planter quand Miami accéléra dans le 3e quart puis s’est aussi battu comme un diable dans la peinture (9 rebonds). Aussi, il défend sec et n’est pas pour rien dans le match moyen de Rose. N’empêche, l’on se dit qu’avec un Bosh enfin retrouvé, un James phénoménal, un Wade adroit pourrait rendre cette armada simplement injouable. Heureusement pour Chicago, ça n’est pas encore le cas.


Et si on scorait…C’est un peu inéluctable. Quand les deux meilleures défenses du pays s’affrontent, l’attaque fait souvent la différence. Chicago est comme tout le monde. A savoir incapable de stopper le trio star du Heat avec certitude et régularité.
D’où un besoin de planter. Et ce, par l’intermédiaire d’autres personnes que le seul Derrick Rose. Problème, après les 34% du Game 2, les Bulls ont shooté à 41%, hier (contre 51% pour le Heat). Hormis Taj Gibson (11pts en 12min à 5/6) et, dans une moindre mesure,  Carlos Boozer (8/19), personne n’était en mode du côté de Windy City. Deng n’inscrivant que 14 pions en 13 shoots, sans provoquer le moindre lancer.

Chute à l’arrière. Le poste 2 est bien une faiblesse à Chicago où les 3 joueurs concernés – Bogans, Krover et Brewer – cumulent 11 points. D’ailleurs, le banc – tant vanté jusqu’ici – n’apporte que 9 unités – pour 4 joueurs – sans Gibson.
Parmi ce festival de briques, c’est bien notre « Jooks » national qui tire son épingle du jeu ! Un seul point pour le chevelu, 0/4, 2 balles perdues et…un shoot balancé –dans la raquette – terminant…au dessus de la planche ! Sur les trois premières rencontres, l’ancien Gator est à 6pts de moyenne à 29% aux tirs.


Une raquette en progrès. Avec le retour d’Udonis Haslem (8pts, 4rbds), Erick Spoelstra a, semble-t-il, trouvé sa rotation pour les playoffs. Exit donc les balourds Ilgauskas, Dampier, Magloire ou encore Juwan Howard. Joël Anthony squatte la place et Haslem vient le soutenir. Du muscle, un brin d’adresse et beaucoup de hargne. Voilà ce dont a besoin le Heat dans la peinture, surtout à côté de Bosh. Le secteur intérieur ne domine donc toujours pas mais ne représente plus une tare avérée du roster floridien.

Quelles solutions ? En face, Thibodeau a perdu Omer Asik. Un géant aux mains carrées mais un combattant qui ne semblait pas de trop. Surtout, le coach de l’année doit trouver l’homme susceptible de faire sauter le verrou défensif de Miami. Un tandem Rose-Watson pourrait être tenté, gaver de balles Boozer dans l’optique de faire sortir Bosh aussi… Mais les solutions du roster sont déjà largement exploitées par Thib’. Et la meilleure – l’unique ? – d’entre elles, est déjà connue de tous : elle s’appelle Derrick Rose.