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Playoffs NBA : Les Bulls ont-ils du répondant ?

24 mai 2011

derrick rose, chicago bulls

Chahutés comme jamais cette saison, les Bulls jouent le match de leur saison en terre hostile. L’envie et le talent ne suffisent plus, maintenant, il faut se battre. S’ils ont les tripes solides, c’est le moment de le montrer…

2 de suite ! Deux défaites de rang. Le bilan des Bulls est…catastrophique ! Du moins, comparé à ce qu’ils connaissaient jusqu’ici. Une telle série n’étant plus intervenue depuis le 7 février dernier. Et n’allez pas chercher une série de 3 revers. En playoffs aussi, Chicago s’était – jusqu’ici – toujours relevé après une défaite, répondant du tac-o-tac aux Pacers comme aux Hawks. Face à Mimai, ils ont dû baisser la tête par deux fois consécutives. Inhabituel donc. Avec le prochain match à disputer encore à Miami, la pression sera palpable dans le locker-room des Bulls.

Trop propres… Il faut quand même le dire. Si Chicago a été tant vantée depuis le début de la saison, cela était largement du à leurs extraordinaires performances et…au Heat. Oui, l’anti-thèse de Miami se trouve à Windy City. Un groupe solide de 10 joueurs, un collectif et, surtout, une star humble. Oui, cette humilité frôlant le vide total de personnalité est très régulièrement cité parmi les plus grandes qualités de D-Rose. Du coup, toute la franchise a bénéficié d’un soutien populaire assez incroyable cette année. Aux antipodes de l’équipe de Jordan certes, mais bien dans les standards dessinés par David Stern.

Pis…Noah est arrivé. Fâché. Toujours dans l’exubérance, le frenchy a craqué, balançant l’insulte que l’on sait et récoltant une amende de 50 000$. Une tâche dans le duel médiatique que se livrent les deux formations représentant l’avenir de la Ligue. Et ce, pas au meilleur moment puisque les coéquipiers ont du sortir le bouclier pour protéger leur pivot. Un brin de déconcentration dont ce serait bien passé coach Thibodeau.

Le Gator dans le dur. Plus encore que ce dérapage verbal, c’est bien le niveau de jeu de Noah qui a de quoi inquiéter. Sur la série, les stats font peur, le Français alignant un piteux 6 points de moyenne (à 29.6% aux tirs) avec seulement 50% de réussite aux lancers. S’il offre son corps dans le combat et qu’il s’avère toujours aussi précieux au rebond, l’ex-Gator n’est pas au niveau attendu. Pour l’instant du moins.

Bosh en profite. Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, la baisse de tension du chevelu coïncide avec une étonnante revitalisation de Chris Bosh. Loin de son niveau de l’an dernier, l’ex-raptor a galéré sévère cette saison. Mais les Bulls semblent convenir à CB qui le leurs rend bien. 34 pions au dernier match et la raquette du Heat – avec les apports énormes de Joël Anthony et Udonis Haslem – qui fait jeu égal avec celle de Chicago. Personne ne l’aurait parié.

Un de moins. Ça ne devrait pas changer le sort de la série mais l’absence d’Omer Asik offre un motif d’inquiétude supplémentaire au staff chicagoan. Une rotation intérieure en moins surtout. Un joueur en devenir mais un combattant permettant de faire souffler les starters ou de couvrir d’éventuels problèmes de fautes. Kurt Thomas pourrait reprendre le rôle mais le vétéran aura sûrement quelques difficultés à suivre le rythme imposé par Miami.

Un de plus. Car à Miami, c’est l’inverse. Le retour d’Udonis Haslem a rééquilibré la raquette et Spoelstra dispose – et c’est quasiment la première fois de l’année – de son effectif au complet. Un ajout permettant surtout de laisser en costume les préretraités qui servaient jusqu’ici de pivots au roster floridien.

 Un MVP qui doute. Si les voyants clignotent en mode warning du côté de Chicago, c’est aussi que le maître à jouer a un peu de mal depuis deux rencontres. 15/42 en cumulé, ça construit une belle maison mais ça ne gagne pas beaucoup en NBA. Forcément, tout le jeu offensif des Bulls se met à boiter. D’où une remise en question sincère de Derrick Rose confronté à un souci – la baisse de son impact sur les rencontres – qu’il n’avait encore jamais rencontré.

Un MVP qui change ? « Ce n’est pas moi. Je pense trop. Je dois changer mon état d’esprit immédiatement. Mardi, du début à la fin, je devrais être beaucoup plus agressif. Je dois trouver un moyen. Je ne sais pas comment je vais faire mais je dois saisir cette opportunité et foncer. » Tel un vrai leader, Rose ne se cache pas et endosse toute la responsabilité mais son aveu a beau être sincère, il dévoile le doute palpable qui trotte dans le crâne de la jeune star.

Plus vite. Si changement il doit y avoir, c’est surtout dans le rythme. Chicago ne possède pas suffisamment de solutions sur attaques posées et doit donc réussir à placer beaucoup plus de contre-attaques. Le type d’actions où personne ne peut stopper Rose et une des bases du jeu offensif prôné par Tom Thibodeau. Comme au Heat d’ailleurs. Pour cela, la défense doit voler plus de balles. Le serpent se mord donc rapidement la queue…

Réponse ce soir. Plein de doutes et d’interrogations donc du côté du leader de la Ligue. Deux défaites de suite, Rose dans le dur, Noah en galère, les autres qui ne parviennent pas à peser sans leurs leaders et un Heat plutôt bien dans ses pompes. Dans la même situation, Oklahoma a subi une déflagration subite, douchant les espoirs de la bande à Durant. Jeunes et ambitieux, les Bulls proposent les mêmes vertus que le Thunder. A eux d’apporter une bien meilleure réponse.

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Derrick Rose/Allen Iverson : Un parallèle ?

19 avril 2011

Réveil très matinal, playoffs obligent, et vision d’un Derrick Rose parti pour un cross-over. L’arbitre le stoppe, sifflant un porté de balle. Iverson est-il revenu ?

Same style. Il ne faut pas aller bien loin pour trouver des ressemblances entre Rose et Iverson. Petits, véloces, hyper-rapides, dotés de qualités athlétiques largement supérieures à la moyenne, les deux arrières sont aussi capables de scorer tout le temps, face à n’importe qui et dans n’importe quelle position.
Un style fait de nombreux dribbles, de cross-over et de multiples arabesques aériennes pour aller chercher les fautes et les « and 1. » Des monstres en un-contre-un. Iverson était plus scorer que Rose mais cela s’explique surtout par son positionnement en arrière et non en meneur de jeu.

Le poids de l’Histoire. Pour The Answer, rien ne fut jamais simple. En NBA, il mit du temps à s’adapter, à devenir « corporate » comme le souhaite David Stern. A Philly cependant, il devint immédiatement la star incontestée de toute la ville. Et ce, dans un coin habitué au beau basket et aux grandes stars. Comme Rose à Chicago.
Plus policé, sourire « ultra-bright »  de rigueur, langage réfléchi, Rose est le produit de sa génération. Pour le reste, il ne porte pas l’héritage de Doctor J ou Moses Malone mais simplement du Maître suprême de ce jeu : Michael Jordan. Lui-aussi aurait donc pu se brûler les ailes. Comme Iverson, la pression ne l’atteint pas et il se sent prêt à porter haut les couleurs d’une franchise de grand standing.


En chiffres. Si l’on compare la saison où Iverson fut sacrée MVP avec celle en cours où Rose sera plébiscité, il y a là-aussi des ressemblances. Déjà, Philly comme Chicago avait terminé l’exercice en tête de l’Est.  Individuellement, Allen Iverson (31.1pts, 4.6pds, 2.5int en 2000-01) produisait plus que Rose (25pts, 7.7pds, 1stl) mais souffrait des mêmes défauts. A savoir un pourcentage aux tirs faible et beaucoup de balles perdues. Le mal de tous les arrières au jeu à hauts risques.

Deux bâtisseurs. Avant Iverson, Philadelphie croupissait dans les méandres, espérant que Derrick Coleman arrêterait de boire et que Jerry Stackhouse serait un jour un leader. Pareil constat peut être tiré à Chicago où la génération Hinrich-Gordon-Deng avait montré ses limites. Leur arrivée, 1er choix de draft tous les deux, a donc coïncidé à la remontée d’une franchise. Et ce, avec la même recette.

Un coach intransigeant – Larry Brown, Tom Thibodeau – prônant une défense hermétique, un collectif propre et un roster homogène fait de soldats dévoués, guidés par un leader offensif unique. Aaron Mckie, Eric Snow et George Lynch valent tout autant que Kyle Korver, Luol Deng et Ronnie Brewer. A l’intérieur, Noah remplit un peu le rôle du grand Dikembe.


La gouaille en moins. La seule grande différence entre Rose et Iverson se trouve en fait dans l’image et le caractère des deux stars. D’un côté, le jeune surdoué, sympa, un brin arrogant mais pas trop non plus, toujours le bon mot pour les journalistes, le respect des adversaires… Sur la même lignée que Lebron ou Durant, Derrick Rose fait dans le politiquement correct. De quoi s’assurer une belle et longue carrière NBA car l’esprit de compétiteur est là et les standards de la Ligue ont nettement aseptisé les esprits belliqueux cette dernière décennie.

N’empêche, Allen Iverson, en 2001, fut un peu plus qu’un simple MVP. Il fut l’emblème de tous les « petits » qui rêvent de succès sur les playgrounds. Il fut le symbole de la rédemption possible d’un caractériel invétéré. Il fut enfin l’étendard – et ce, bien plus qu’un an – de toute une ville fière d’être représentée par un lutin au gros cœur.

Destins croisés ? Si l’on poussait encore la comparaison, la fin de carrière de The Answer pourrait coïncider à l’avènement de Derrick Rose. On n’ira pas jusque-là. Iverson a prouvé qu’un homme seul, aussi talentueux soit-il, ne pouvait remporter le titre NBA. Rose s’est forcément nourri de cet image et les Bulls font aujourd’hui figure d’exemple de cohésion.

N’empêche, s’il veut franchir les dernières marches le menant jusqu’au sommet de la Ligue, Rose doit se rapprocher encore plus d’Iverson, conscient que ses coéquipiers ne sont pas les plus talentueux du championnat. Un zeste supplémentaire d’égo, d’arrogance et de gouaille et alors, Rose pourrait bien faire encore mieux qu’Iverson en 2001…

Rose, la naissance ?

18 février 2011

Sur une autre planète depuis un mois, le meneur des Bulls vient de claquer 42 points au nez et à la barbe des Spurs. La victoire en poche, son record perso égalé et une impression de facilité déconcertante. Le tout, le jour de l’anniversaire de maître MJ.

Numbers. Les stats ne disent pas tout et ne reflètent pas forcément l’influence d’un joueur sur le jeu de son équipe. Certes mais cacher les chiffres cumulés par Rose relèverait de l’hérésie tant le numéro 1 des Bulls cumulent dans toutes les catégories. 24.5pts, 8,2pds, 4,4rbds et 1stl par rencontre. Des stats à la Allen Iverson. Un chantier à lui-seul. Notez que le môme n’a que 22 ans.

Bref, mis à part quelques animaux spéciaux type Lebron James ou Kevin Durant, personne ne peut rivaliser avec l’ancien pensionnaire de Memphis University. Surtout, c’est sa progression qui doit faire plaisir au staff de la Windy City. Rose plante près de 4 points de plus que l’an passé, délivre deux caviars supplémentaires et a haussé (un peu) chacune des autres statistiques. Le tout en passant à peine une minute de plus sur le parquet. Les Bulls lui appartiennent. Et ce, pour encore un bon paquet de saisons.

Oui, mais… Des stats exceptionnelles donc qui le placent dans le top 5 pour le vote du prochain MVP. N’empêche, Rose a – heureusement – quelques carences dans sa panoplie de meneur du futur. En premier lieu, ses pertes de balles ! Il y a peu face à Golden State, Derrick perd 9 ballons, autant d’actions annihilées pour son équipe et de contre-attaques offertes aux Warriors.

Sur la saison, il est l’un des pires de toute la Ligue avec 3.6 pertes de balle par rencontre. Bien sûr, les meneurs prenant un maximum de risques et créant le plus de jeu, trustent toujours les premières places du classement. Mais il s’agit bien d’un secteur où Rose doit progresser en priorité.

Aussi, son déchet aux tirs reste aussi trop important pour un joueur de son calibre. Avec 44% aux tirs, il a même largement chuté dans ce secteur (48% l’an dernier). Une raison à cela, il prend la moitié des tirs de son équipe !

Rose-dépendant. Cette envolée statistique correspond en effet à l’éclosion d’une star mais aussi à un changement stratégique. Fini les hésitations de coach Del Negro, place au pragmatisme de Tom Thibodeau. En gros, Rose est le meilleur attaquant de l’équipe donc il doit prendre la majorité des tirs. La faute à l’absence d’un vrai poste 2, à l’irrégularité de Luol Deng et aux blessures des big men Noah et Boozer. Du coup, la tactique offensive des Bulls ressemble un peu à celle des Cavs de l’an passé – Rose remplaçant Lebron – pour un jeu un brin stéréotypé.

Certes, mais le coach n’a pas foncièrement d’autres choix et assume pleinement sa stratégie. Chaque attaque débute par un ou deux écrans pour libérer de l’espace à Rose qui s’engouffre. Après, il choisit le poison à injecter. La passe, le tir, le dunk, c’est selon ! Le problème réside bien dans la dépendance des Bulls vis-à-vis de leur meneur. Ils ne survivront pas en cas de coup de mou ou pire de blessure.

Aussi, le mauvais pourcentage de Rose tient là, sa principale explication. Pour faire gagner son équipe, Rose fait ce dont elle a le plus besoin. A savoir, du scoring.

 


Nouveau MJ ? Forcément, claquer 42 pions le jour béni avec le maillot des Bulls sur les épaules et face à la meilleure équipe NBA, ça pousse à la comparaison. Surtout que Jordan aussi, a connu des saisons statistiquement énormes avant d’entrer dans son ère victorieuse. Lui aussi fut qualifier d’individualiste, de croqueur. Pour le reste, la comparaison s’arrête ici.

Autre époque et Jordan n’avait aucun all-star à ses côtés, ni de Boozer, ni de Noah. Et Rose reste un meneur tandis que Sa Majesté, lui, restait dans la position plus confortable de l’arrière-scorer. Ce qui lui donnait un peu plus le droit de prendre le match à son compte et planter jusqu’à plus soif. Rose, lui, a l’obligation de faire tourner la gonfle pour impliquer tout le monde et faire jouer les Bulls dans un style un peu plus plaisant.

Ses huit caviars de moyenne indiquent qu’il progresse en ce sens même s’il faut relativiser la stat. Huit actions collectives pour combien de shoots forcés ? Hier contre les Spurs, Rose lâche ses huit offrandes quotidiennes et tire…28 fois ! Bref, Rose doit – comme tous les grands joueurs encore en évolution – apprendre à lâcher, faire confiance aux autres. Alors, il deviendra un très grand.

Comme un grand ? C’est une chose qui va avec les grandes performances. Bientôt, tout le monde aura oublié son jeune âge, son manque d’expérience et toutes les choses irréalistes qu’il a déjà réalisées. Bientôt, ce sera les playoffs où seule la victoire compte. Car Rose reste, pour le moment, un excellent joueur…n’ayant jamais passé le premier tour.

Vu que ses Bulls sont bien partis pour finir 3e, l’avantage du terrain devrait leur permettre de rectifier le tir lors d’une série où tout le monde espère voir s’affronter New-York et Chicago, pour le côté nostalgique. Dans le cas contraire, une désillusion serait vécue tel un cataclysme et le joueur adulé actuellement deviendrait d’un coup le paria, un futur-loser comme la NBA les déteste.

Bref, en haussant ses performances, il a également augmenté les attentes placées en lui et doit donc apprendre à vivre avec la pression des superstars. Comme un grand.

Encouragements du jury. Le bulletin de fin de trimestre, l’élève Rose n’obtiendra pas les félicitations mais les encouragements. Normal, la route est encore longue et aussi fort soit-il niveau stats, le meneur ne possède pas encore l’étoffe des tous meilleurs et reste calé un cran en-dessous des Lebron, Kobe et Durant. Pas loin du tout mais derrière quand même. Si le jury snobe CP et D-Wade, Rose pourrait bien connaître les honneurs de la All-NBA first Team.

Pour le reste, que doit-il attendre de cette saison ? Qualifier ses Bulls pour le second tour serait déjà une belle prouesse. Ensuite, face au Heat ou aux C’s, le défi sera énorme pour une franchise basée sur un seul élément. Rose devra faire vibrer l’United Center qui a été sevré bien trop longtemps d’exploits.  Raviver la flamme de tout un peuple, serait déjà une énorme victoire. En attendant mieux pour les prochaines saisons…