Finals NBA : Le Heat au bord de la rupture…

10 juin 2011

lebron james, miami heat

Entre un Lebron pas dans ses pompes, un Wade à moitié blessé et des Mavs totalement en feu, le match d’hier a envoyé plusieurs signaux bien clairs : Dallas a l’étoffe d’un champion.

Lebron est fautif. Entièrement fautif même ! Oui, il a enfilé son triple-double. Perf historique en finale NBA mais largement insuffisante. Ou quand les chiffres mentent. Car James a été encore très loin de son niveau, hier soir. Incapable de trouver ses marques à l’extérieur, il s’est montré hésitant comme lors du Game 4.
Une impression qu’il n’avait jamais laissée auparavant. Même en début de 3e quart – Wade au repos pour soigner son dos – le king n’a su prendre le leadership du Heat.

Lebron a craqué. Avec un Wade diminué, le numéro 6 a bien tenté de faire la différence dans le money-time. Ce fut à l’image de son match : un ratage complet. Une position – en face – dans un fauteuil à 3 points, manqué.
S’ensuit un gros vent administré par Jet Terry qui décale Kidd pour un primé. Puis ce même Terry se fait plaisir avec un missile longue-distance sur la tronche de Lebron. L’action du match avec un James impuissant. Un symbole.

Les Mavs ne pouvaient pas perdre. Si Miami a un bon paquet de choses à se reprocher sur la rencontre, il n’en reste pas moins des adversaires hallucinants de réussite. Un match à 68% à 3pts (13/19) et 56.5% au total, c’est juste énorme ! En finale, ça devient simplement injouable.
Pourtant, le Heat réalise une belle performance avec 52% à la fin du match. Mais la bande à Dirk ne pouvait perdre hier. L’Allemand se régale, une nouvelle fois, avec 29pts à 9/18.

Miami au plus mal. L’espoir du Heat se retrouve dans la finale de l’an dernier où le futur champion – L.A – s’était, lui aussi, retrouvé mené 2-3 avant de revenir au Staples center. C’est donc possible. Mais pas en l’état actuel. Les Mavs jouent trop bien et Miami trop mal. Surtout sur les moments importants.
Et Wade n’a que deux jours pour récupérer l’essentiel de ses capacités physiques. Et James pour retrouver son âme, son shoot, sa vista, son leadership et son impact. Spoelstra peut allumer quelques cierges avant dimanche.

Lebron encore plus mal. Pour Miami, l’état d’urgence est décrété. Deux matchs pour sauver sa saison, le destin de cette équipe et…l’image de Lebron. Même s’il ne lâche qu’à la dernière seconde du Game 7, le Heat subira les pires critiques. Et ce, de toutes parts. L’ex-Cav va manger sévère, lui qui clamait, cet été, être venu pour gagner. Que pour cela, il avait besoin de soutien fort.
C’est pourtant lui qui failli quand Mario Chalmers, Mike Miller et Udonis Haslem sont très bons. Quand Wade est stratosphérique et Bosh dans le bon tempo. Le seul qui se foire, c’est James. Personne ne s’y attendait mais nombreux sont ceux qui s’en délectent.

Que faire ? Faut-il encore espérer une réponse de Lebron James ? Non. Miami doit faire front en prenant en compte la baisse de régime de son leader. A James de s’adapter et de capter une quinzaine de rebonds et de réussir à défendre ! Voir Marion et Terry passer comme des flâneurs devant le King est simplement inacceptable !
 Aussi, les Floridiens ont trop peu utilisé Chris Bosh, hier soir. Agressif et adroit, il a su mettre en difficulté ses défenseurs mais il n’attire vraiment pas le jeu à lui. Pourtant, Lebron va devoir lâcher la gonfle car il a beaucoup trop de déchets dans son jeu en ce moment.

Place à Wade. Il ne faut plus hésiter, Lebron joue trop. Du moins, en comparaison à son apport. Spoelstra doit se décider à filer définitivement les clés de cette finale à D-Wade. Lui est en mode, agressif et ses drives restent dévastateurs. Moins bien physiquement hier, Flash a délivré quelques caviars exceptionnels. Un impact phénoménal sur son équipe qui lâche dans le money-time quand les balles sont squattées par…Lebron.
Ça fait déjà deux matchs perdus ainsi par le Heat. James est peut-être meilleur, mais Wade, lui, est un winner. Le destin du Heat est entre ses mains et Lebron doit l’accepter et l’aider en lâchant la gonfle. Des ajustements quasi-impossibles à ce moment de la saison. Ca sent mauvais pour Miami…

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Les blancs ne savent pas gagner ?

9 juin 2011

dirk nowitzki, dallas mavericks

Injuste que le destin des blancs sur les parquets NBA. Une ribambelle de losers pour une seule et unique star : Larry Bird. Enfin, depuis que les afro-américains ont le droit de jouer bien sûr. Et Dirk, il est gris ?

Minoritaires.  Lui ne gagnera jamais le Slam Dunk Contest façon Brent Barry. Mais Dirk plaide pour la cause à son tour. Oui, les blancs ont leur mot à dire en NBA. Bon, ils resteront minoritaires encore un bon moment – tant que la FFF ne prend pas les commandes de la Ligue, ça devrait aller ! – et se contenteront des strapontins. Ce sport est « black. »

Un emblème. De son côté, Nowitzki englobe tous les symboles. Un Allemand – de vieux ennemis de l’Oncle Tom ! – un Européen – et Stern de se féliciter de la « mondialisation » du basket – un arrière-ailier-ailier-fort-pivot-shooter – le basketteur moderne quoi ! – un mec poli, sympa et cool. Et un grand blond aussi ! Le profil exact de l’Européen si on demandait à un texan d’en dessiner un au hasard. Si Iverson filait de l’espoir à tous les petits, l’étendard des « visages pâles » qui tâtent de la balle orange s’appelle Nowitzki.

Larry Legend. Et ils devaient en chercher un d’étendard ! Des talents blancs, il y en a eu, il y en a toujours. Sans tous les citer, John Stockton a joué deux finales, Steve Nash est double-MVP et Chris Mullin faisait partie de la Dream Team ! Et bien sûr, Ginobili, les deux Gasol ou Andrew Bogut comptent dans le paysage actuel. N’empêche, c’est unanime. S’il faut citer le « meilleur blanc de l’histoire » et qu’on n’est pas centenaire (et donc, pas connu Jerry West sur un terrain, ni Bob Cousy) c’est Larry Bird. Le seul à avoir réussi à….gagner.

Losers ! Car c’est bien là le gros souci de l’homme blanc en NBA : remporter un titre. Gasol possède bien deux bagues mais y est-il vraiment pour quelque chose ? Pas sûr…et en aucune façon, il n’a été un leader. Du coup, retour à Boston et les trois bagues du shooter de l’Indiana. Un grognard, un vrai. Un winner surtout. La différence ne se trouve en rien dans la couleur de peau mais c’est clair, les « tueurs » blancs n’existent pas. A moins que…

Et Dirk surgit ! De tous les losers patentés, Nowitzki semblait borduré la pole-position. Premier Européen MVP, finaliste NBA (2006), leader incontesté des Mavs depuis une décennie…et nothing else ! Dirk s’intégrait parfaitement dans le stéréotype NBA du blanc tétanisé au moment de briller. Mais ça, c’était avant. Toujours plus clutch dans ces playoffs, l’Allemand n’est plus qu’à deux victoires d’un titre. Une possibilité inespérée en début de saison, sauf pour lui visiblement.

Le gentil gagne à la fin ? Si les journalistes US n’ont cessé de présenter Dirk comme l’anti-Lebron, un succès des Mavs pourrait aussi être vu comme la revanche des perdants blancs sur les vainqueurs afros. Le méchant Heat – et son hydre à 3 têtes – vaincu par le gentil allemand. Travailleur, sobre, la NBA ne peut que l’espérer pour son image. Mais cette victoire – si elle a lieu – ne sera pas seulement celle des Mavs ou de Kidd ou de Nowitzki. Il s’agira aussi d’un message : le basket est universel, même les blancs peuvent gagner !

The answer ?

9 juin 2011

allen iverson, slam

Pour son 150e numéro, l’excellent magazine SLAM a rendu hommage à Allen Iverson. Une dédicace dont Lebron James devrait s’inspirer. Car tout le monde attend une réponse…

Nul. Autant, James a frôlé la perfection face aux Bulls. Autant là, c’est carrément la gabegie. Le Game 3 avait déjà annoncé une vraie baisse de régime du roi mais la victoire des siens avait permis d’étouffer l’affaire. Pas le Game 4. 8 points, 7pds mais surtout une inactivité anormale et jamais vue chez « Mr everywhere. »
Pour la première fois de toute sa vie, Lebron a donc été nul sur un terrain de basket. 2 fois sur 4, ça fait beaucoup.

Un problème Marion ? Shawn Marion plus fort que Lebron  James. Il faut l’écrire, le lire et se le répéter pour y croire. Mais c’est bel et bien le constat à tirer des quatre rencontres disputées lors de ces finales. James prend des vents – d’ailleurs, il a mangé sévère aussi face à Jet Terry en 4e quart – comme jamais, ne parvient pas à contrôler le style particulier – un minimum de dribbles – de l’ex-Sun et…souffre en attaque. C’est sûrement la chose la plus surprenante tant Lebron a tout ce qu’il faut pour détruire une zone.
Mais l’activité, les longs bras et les qualités athlétiques de The Matrix le gênent énormément. Et celle-là, personne ne s’y attendait. Et personne ne pardonnera à James si cette domination venait à perdurer.

Mentalement affecté ? Deux thèses peuvent expliquer ces finales catastrophiques du Roi. Soit, il galère véritablement face à Marion et la zone. C’est sûrement une théorie valable mais incomplète. Le souci de Lebron se situe au niveau du cortex cérébral. Ben vi, comme tout le monde, le monstar doute. Sauf que lui, il n’a pas le droit !

Remember Game 2 ! La première défaite du Heat en finale fut terrible avec une remontée folle des Mavs en 4 minutes. Pour Miami, D-Wade en feu ne touchait plus la gonfle et James squattait les attaques. Sans aucune réussite et la défaite à la clé.
Du coup, Lebron a tenté de moins monopoliser le jeu et de laisser Flash fracasser les Texans. Pas bête et très humble de la part du numéro 6 mais attention au dosage ! 17pts en 14 shoots au match suivant, puis 8 pauvres unités (pour 46 minutes de jeu) en 11 tentatives. Après son 17/31 en cumulé sur les deux premières manches, le changement est total. Et fatal.

Débranche…et joue ! « La réflexion annihile l’action. » Rengaine célèbre mais véridique. Depuis ses débuts en Floride, Lebron James réfléchit, pense, analyse. Ses moindres paroles, les gestes les plus simples, ses réactions sur le court, ses regards, etc…Passé au crible sous toutes les coutures, le King a su faire face et mener son équipe jusqu’en finale.
Pourtant à toujours vouloir contrôler son image – autant en dehors que sur le parquet – l’ancien-MVP s’est perdu et en a oublié de jouer son jeu. Doté d’un talent brut sans équivalent, James doit arrêter de réfléchir, se détacher des regards extérieurs et enfin, jouer libéré.

Quelle réponse ? Beaucoup – tout le monde ? – attendent 45 pions enfilés à la défense des Mavs ce soir. Pas sûr pourtant que ce soit la meilleure réponse à apporter pour le King. Bien sûr, il va devoir élever ses standards au scoring mais surtout, c’est son impact sur le match qui sera étudiée. Au rebond, en défense et vocalement, James doit peser, doit se montrer.
D-Wade semble le seul vrai leader en ce moment à Miami mais Flash a besoin de soutien. De se sentir pousser par son meilleur pote, de se sentir plus fort. Car Lebron a ça pour lui. Une confiance qui transpire sur le groupe, transcende le collectif. La meilleure des réponses sera de toute façon une bague. Et ça ne se gagne pas sans son leader.

Finals NBA : Et Dirk manqua…

6 juin 2011

dwyane wade, finals nba 2011

Les Mavs n’ont su profiter des matchs timides de Lebron et Bosh. Nowitzki a, une nouvelle fois, tout fait mais n’a réussi à conclure. Dommage…

Nouveau festival… Parfait. Jusqu’à l’ultime minute, Dirk Nowitzki avait livré le même type de match que d’habitude dans ces playoffs. A savoir, monstrueux. Sorti prendre l’air à 3 points, l’Allemand montrait la variété de son jeu, entre moves d’écoles, fade-away léchés et un score toujours parfait aux lancers. Le 41 termine ainsi meilleur scorer de la rencontre avec 34 points à 11/21 aux tirs et le leadership total sur son équipe. Le grand blond offrait un nouveau récital, ramenant à lui seul – 4 lancers + un dunk – ses Mavs au contact dans le money-time.

…Foirage final. Ce fut donc presque une surprise de voir Dirk manquer la mise à mort du Heat. Une balle jetée en tribune, sous la pression d’une prise à deux, et le dernier shoot. Un move à la Nowitzki mais, pour une fois, la combattivité de Haslem se trouve récompensée et la balle rebondit sur l’arceau pour ressortir. Les Mavs échouent à deux unités et perdent l’avantage du terrain. Dommage, le Heat était prenable.

Lebron aphone. 17pts, 9pds, 3rbds, 2int. Lebron peut toujours se planquer derrière ses stats mais son match d’hier représente l’une de ses plus faibles performances en post-season. Alors qu’il n’a cessé de parler d’agressivité en conf’ de presse, le King s’est montré très timide, passant avec toujours autant de talent – notamment sur le dernier tir de Chris Bosh – mais sans mordant. Il rate d’ailleurs le shoot pour sceller le sort du match à 4.5 secondes du buzzer. Une partition bien terne donc et surtout aux antipodes de ses standards des finales de conférence. Un raté sans frais, mais le Heat ne survivra pas à une nouvelle sortie « correcte » de James.

 

chris bosh, finals NBA 2011

Bosh, l’improbable. Irritant. Voilà ce qu’on peut dire de ce joueur. Incapable de tenir Dirk en défense, il balbutie encore beaucoup trop son jeu en attaque. Il ne crée plus rien et se contente d’un rôle de finisseur. Mais même là, l’ex-raptor ne brille pas vraiment, affichant un 7/18, hier soir. Le pire étant qu’il s’agit-là de sa meilleure perf des finales ! En outre, le numéro 1 n’a même rien apporté au rebond avec seulement 3 prises. Un All-star perdu en somme. Mais un All-star quand même.
Malgré des brouettes de reproches à lui adresser, Bosh est bien celui qui plante le dernier tir du match pour le Heat. Bien décalé par Lebron, il déclenche à six mètres et offre la victoire aux siens. Il ne mérite pas le statut de leader mais a enfilé celui de héros improbable dans sa ville natale.

Regrets et maladresse. Dallas aurait donc pu profiter de cette étrange sortie de Lebron James et de ce match toujours morne de CB1. Mais les Mavs peuvent nourrir d’amers regrets. De retour dans leur salle, les shooters ont pourtant dévissé sec avec 40% aux tirs. Le trio de lieutenants – Kidd-Marion-Terry – termine à 12/33, Jet ratant quelques tirs primordiaux dans le crunch time. L’autre habituel facteur X, JJ Barea, se troue également. Le Portoricain ne parvenant pas à conclure ses lay-ups, il finit à 2/8 pour 6pts et 4 balles perdues.

Wade adore les Mavs. Les Texans doivent ainsi une fin de match serrée à leur leader et à une excellente adresse aux lancers. Pour le reste, le jeu offensif a un brin déraillé. En défense, James n’a pas réclamé l’attention habituelle et Bosh a encore bien vendangé. Reste le cas D-Wade. Et les souvenirs de 2006 refont surface. Forcément, Flash pose d’énormes soucis aux défenseurs texans. Stevenson ne fait même pas illusion et les drives de Wade sont simplement dévastateurs.

 

lebron james, miami heat, finals NBA 2011

 

Ralentir le Flash. En ordre de marche, Flash peut marquer dans n’importe quelle position et fait très mal dès que le rythme accélère. Après ses 36 points du Game 2, il en colle 29 (11rbds, 3pds) à 11/21 aux tirs et ne perd aucune balle. Un match énorme et une impression de facilité – surtout en 1e période – qui font, pour l’instant, de D-Wade, le go-to-guy du Heat sur la série. La dernière fois, la même recette avait plutôt bien fonctionnée. A Dallas de trouver la parade.

NBA Finals: Dallas n’a pas encore compris…

1 juin 2011

Dallas a laissé filer sa chance en ne dominant ni le rythme ni le money-time.

Les Mavs peuvent s’en vouloir. Chez lui, le Heat n’a shooté qu’à un piteux 38.8% aux tirs. Pourtant, il s’en sort et mène désormais la série. Mais Dallas a montré deux grosses faiblesses, hier soir : son manque de dureté et une très mauvaise gestion de la fin de match. Deux points qui semblaient être devenus des forces du groupe texan. Pas face à Miami visiblement.

Mangés. Tyson Chandler n’a cessé d’être vanté pour son abattage énorme dans la raquette. Hier, le pivot se contente de 4 prises pour 9 points et 5 fautes. Collectivement, les Floridiens prennent 10 rebonds de plus que leurs adversaires. Et ce, grâce à un travail collectif de premier ordre.
Si le Big Three (28 rebonds) domine cette catégorie, les sacrifices de Mike Miller (5), Udonis Haslem (6) et de la surprise du chef Juwan Howard (3) sont à noter. Dans une rencontre basée sous le lancer de briques, la bataille du rebond était prépondérante et Dallas s’est fait bouffer.

Le rythme. Toute la première mi-temps s’est déroulée sur un rythme proche de l’Euroligue. Les défenses prenant allègrement le pas sur les attaques. L’illustration parfaite de l’empreinte laissée par le Heat sur la rencontre. Dallas n’a aucune chance de l’emporter lors d’un match défensif et lent.

Mais pour enflammer le rythme, faut-il encore mettre ses shoots. Un problème hier soir avec un Jet muet en seconde période, un Barrea en mode destruction de planche (1/8) et un Peja aphone (0/3). Dans un match qui n’allait pas à leur allure, les shooters texans ont dévissé sévère. La défense de Miami a encore frappé.

Dirk humain. Il a encore été phénoménal sur la ligne de réparation (12/12), meilleur scorer du match (27pts) et le leader incontesté des Mavs. Une belle sortie donc mais pas une partition de génie. L’Allemand a, lui aussi, vendangé pas mal (7/18) bien gêné par les différentes défenses proposées par Joël Anthony, Udonis Haslem ou des prises à deux plutôt malines.
L’ancien MVP devra pourtant redevenir exceptionnel s’il veut tirer son équipe vers le haut. Mais Dirk aura clairement la vie bien plus difficile que face à Oklahoma. A lui d’y répondre. Hier, ça n’a pas suffit.

Et Wade prit feu…Plus encore que la maladresse des extérieurs, le petit match de Chandler ou la partition « classique » de Nowitzki, c’est bien le money-time qui fait craindre le pire pour les Texans. Serré tout du long, le match s’est débridé d’un coup par l’intermédiaire de D-Wade.
Un contre fou sur Marion, suivi d’un tir primé. Un rebond suivi d’une mise en revue de toute la ville de Dallas puis d’un caviar pour Chris Bosh et tout Miami s’est embrasé. Flash a encore fait le coup à Dallas. Une habitude qu’il adore visiblement.
Complètement en feu durant le dernier quart, il a porté l’estocade, bien suppléé par un Lebron surpuissant et un Haslem toujours là où il faut. Wade (22pts, 10rbds, 6pds) conclut le spectacle par un alley-hoop stratosphérique pour James (24pts, 9rbds, 5pds).

Les démons revenus ? Côté Dallas, des pertes de balles et des shoots manqués. Mis à part quelques lancers de Nowitzki, les Texans ont sombré dans le crunch time. Cela peut s’expliquer par le manque de fraîcheur, les vieux Mavs ne tenant pas le rythme imposé par la jeunesse du Heat sur toute une rencontre. Cela peut aussi être le signe bien plus grave de démons revenus hantés une formation habituée à pleurer.

Bad move. Cette première manche aurait du être glanée par les Mavs. Au lieu de cela, la bande à Rick Carlisle se retrouve menée pour la première fois cette année en post-season. Les coéquipiers de J-Kidd n’ont donc toujours pas compris. Arriver en finale ne suffit pas, bien jouer non plus.
L’esprit de tueur a animé les veines de D-Wade, toujours pas celles d’un Mav… La défense a parlé, le physique aussi et les Mavs se sont laissé faire. Ils n’ont pas fait preuve d’un tempérament de champion. Ils n’ont pas montré les mêmes vertus que durant leur campagne sur la côte Ouest. Comment gagner une finale ? Dallas n’a toujours pas compris. Il ne reste que six matchs pour apprendre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Finales NBA : Défense, adresse et Nowitzki

31 mai 2011

dirk nowitzki, dallas maverciks

dirk nowitzki, dallas maverciks

La finale débute ce soir avec un sévère goût d’incertitude. Les Mavs ont trop surpris pour ne pas faire peur à la bande floridienne, programmée pour le titre…

Miami favori, à moins que…Dallas rentre ses shoots avec autant de régularité que depuis le début de ces playoffs. Chicago aurait déjà pu faire vaciller la défense du Heat avec un brin de réussite supplémentaire. A Dallas, les shooters sont plus nombreux et présentent de bien meilleures références que ceux des Bulls. Terry est simplement phénoménal, Barrea a passé un cap, J-Kidd n’a jamais été aussi précis et Dirk a battu Larry Bird sur le pourcentage aux lancers-francs sur une série entière (59/61 pour le Mav contre OKC, 47/50 pour le Celtic contre Detroit en 1987).
Aucune défense n’a trouvé le remède contre l’Allemand et l’option prise à 2 offre tellement de positions aux pistoleros texans qu’il convient d’espérer une certaine maladresse pour les fans du Heat. Les Mavs peuvent faire exploser n’importe quelle défense.

 

Et Chris Bosh devient agressif…Dur dur, la saison de CB1. Après s’être fait briser par KG, l’ex-raptor a montré un brin de son talent contre les Bulls, tournant à 23.2pts de moyenne sur la série. A savoir s’il s’agit effectivement d’un retour en grâce de l’intérieur ou si la défense de Carlos Boozer l’a simplement laissé libre comme l’air. Les Bulls se concentraient spécifiquement sur le tandem Wade-James, mais Bosh a eu, au moins, le mérite de ne plus se planquer et de demander la gonfle pour en faire quelque chose. Ce sera le minimum en finale.

Duel. Par sa position, l’ex-raptor pourrait bien tenir un rôle-clé dans cette finale. Il se retrouvera souvent face à Dirk et la meilleure solution pour stopper l’Allemand reste quand même de l’envoyer sur le banc. Du coup, à Bosh d’attaquer et de provoquer le grand blond, de le pousser à défendre et à commettre des fautes. Le système de Rick Carlisle protège un peu son leader mais pour l’heure, ni Ibaka, ni Gasol n’ont vraiment attaqué l’ex-MVP. CB possède les qualités offensives pour s’y atteler. Reste que miser sur l’agressivité de Chris Bosh semble très audacieux !

Face à la zone. Le gros souci de Russell Westbrook durant cette finale de Conf’ fut de trouver un moyen de pénétrer la zone très large des Mavs. Le meneur n’y est d’ailleurs jamais vraiment parvenu, terminant la série à 36% aux tirs dont un horrible 20% à 3pts et près de 5 balles perdues par match. Pour Kevin Durant, ce ne fut guère mieux avec 23.6% derrière l’arc. Pour l’emporter, Wade et James doivent, eux, relever ce défi : faire exploser la zone texane. Les slaloms géants seront donc obligatoires mais surtout, l’adresse paraît déterminante. Aucune défense de zone – aussi forte soit-elle – ne peut résister à des shooters extérieurs en forme.

Les embusqués. Et la recette, le heat l’a en lui. Des fous furieux de la fixation dotés de qualités de passeurs exceptionnels. Wade et James – en ajustant correctement leurs jeux – possèdent les armes pour regrouper la zone texane avant de balancer le caviar à un des embusqués. Ensuite, ce sera à eux de jouer ! Mike Bibby, Mario Chalmers, James Jones, Eddie House, Mike Miller… Cinq solutions extérieures sensées enfiler les tirs primés avec facilité. Ça reste de la théorie car mis à part Chalmers et Miller sur quelques courtes séquences, les autres n’ont pas encore montré grand-chose.

 

lebron james et chris bosh

 

Faire exploser la zone. Pourtant, ces « embusqués » ont un rôle prépondérant à jouer face à une défense de zone. Mike Bibby notamment, si clutch à son apogée chez les Kings. Si les shooters sont réglés, la zone ne représenterait plus une si bonne option pour les Mavs mais l’individuelle paraît les condamner. Si Dirk Nowitzki aura déjà du mal sur Bosh, que dire de Stevenson sur D-Wade et de Shawn Marion sur James ? Pour stopper ces trois-là, il faut monter une défense collective, c’est la seule solution. Les Texans ont donc tout intérêt à conserver leur système défensif. Car Miami doit encore rentrer ses shoots ouverts. Ce qui n’est pas vraiment la meilleure arme de cette équipe. A voir. De la réussite défensive des hommes de Rick Carlisle dépend le sort des Mavs dans cette finale.

Joue Rapide ! A l’Ouest, ça cavale. A l’Est, ça tabasse. En gros, la NBA peut se résumer ainsi. Miami, 2e défense des playoffs, contre Dallas, 2e attaque en post-season, représentent très bien cette différence d’approche du jeu. N’empêche, le Heat adore jouer vite ! Tout le travail de Dallas consistera ainsi à stopper au maximum les contre-attaques flamboyantes de Flash et consorts. On en revient à la défense. Le repli, plus exactement. Les vieilles cannes texanes doivent tenir le rythme. Au rebond, Tyson Chandler aura également un rôle-clé afin de ralentir les relances floridiennes. Plus vieux, plus expérimentés, les Mavs doivent imposer leur rythme aux rencontres. Sous peine de prendre très cher très vite.

Miami : Une finale et des histoires

30 mai 2011


Autant de héros potentiels avec, chacun, un destin à accomplir.

 

Dwyane Wade le leader

S’il en est bien un qui a dû s’adapter plus que tout autre, c’est bien Flash. Il faisait la pluie et le beau temps à Miami, depuis 2003. Pas même le Shaq n’avait tenté de contester son aura. N’empêche, en accueillant son pote Lebron et Chris Bosh, D-Wade savait bien que ce ne serait pas aisé, niveau ajustements sur le parquet. Mais Flash n’a jamais reculé, s’est entêté, a beaucoup discuté avec James et est arrivé à trouver l’amalgame le plus adéquat pour cumuler les victoires. Une ligne supplémentaire à ajouter dans la colonne « qualité » du numéro 3.

Désormais, Wade partage le leadership, le scoring, la création, la pression…un tout nouveau monde pour un go-to-guy habitué à tout faire tout seul. Mais Flash est  un capitaine, un winner. Il a su muer et faire évoluer son jeu pour le bien de son équipe. Une dernière marche reste à franchir pour le dire haut et fort : D-Wade est grand. Sportivement, mentalement et humainement.

Bosh doit s’essuyer !

Tout le monde lui a craché dessus! Le chouchou du 1er rang que personne ne blaire ! Bosh, ça a été un peu la cible facile de tous quand il s’agissait de critiquer le Heat. L’ancien raptor a, de plus, offert beaucoup d’eau aux moulins mécontents par des perf’ très légères pour un all-star.
Terminer cette saison par une victoire lui permettrait de faire la nique à toutes les langues venimeuses qui l’ont attaqué depuis le 27 octobre dernier. S’il ne mérite pas franchement tant de succès, Bosh n’a aucune raison de s’en priver pour autant.

Haslem, le Floridien

Udonis Haslem est un natif de Floride. Il y a grandi,  joué au lycée et passé son cursus universitaire chez les Gators. Quoi de plus normal que de le retrouver à Miami donc, où il a participé au seul et unique titre de la franchise. Bref, Haslem c’est un pan de l’Histoire-basket de l’Etat des retraités.

Surtout, son retour – après quelques 90 matchs manqués – a coïncidé avec de véritables progrès dans le jeu du Heat. Sa force dans le combat, son boulot défensif, ses rebonds, son envie…Haslem représente l’âme de Miami, le cœur d’une équipe un peu trop « propre. » Loin de la hype, loin de la frime, Haslem – il est passé par Chalon/Saône ! – mérite tout ce qui lui arrive et file un peu d’authenticité à cette nouvelle équipe. Sa belle aventure avec Miami est peut-être loin d’être finie.

Les braqueurs au boulot !

Zydrunas Ilgauskas, Eric Dampier, Jamal Magloire, Juwan Howard…Ils n’entreront sûrement jamais sur le parquet durant la finale. Normal, ils ne servent à rien. Mais ces quatre lascars cumulent 60 saisons NBA. 60 saisons à errer et espérer un titre. Z a lâché son club de toujours – Cleveland – pour suivre Lebron.
Dampier a débarqué en Floride après s’être fait jeter de…Dallas. Tout comme Magloire d’ailleurs (7 matchs dans le Texas). Juwan Howard, lui, tentera de glaner un autre titre que celui du mec le plus surcoté de l’Histoire qui lui colle aux basques depuis son faramineux contrat signé avec les Bullets.

 

 

Lebron est en mission

Devant les journalistes, James livre la soupe. Vanter le collectif, mettre en avant ses coéquipiers, le travail défensif de chacun. Il sait faire. Mais on n’enlèvera jamais l’orgueil du bonhomme. Il a eu beau adouber Derrick Rose, reconnaissant que le kid de Chicago méritait son trophée individuel, le King reste tout de même victime de son arrogance estivale. Les fans l’aiment moins, c’est un fait. N’empêche, sur un parquet, impossible de trouver meilleur !

Défensivement, il peut stopper n’importe qui sur n’importe quel poste. En attaque, son shoot n’a jamais été aussi fiable. Niveau gestion, il s’est fait un malin plaisir de détruire les Bulls dans les divers money-times de la série. Le taulier est à Miami. Dépossédé de sa breloque annuelle, il se verrait bien récolter celle du mois de juin. Sans émission de tv, cette fois.

Spoelstra : prouver, prouver et encore prouver

A l’instar de Chris Bosh, lui aussi n’a cessé d’essuyer les critiques. Trop jeune, pas assez charismatique, pas respecté, aucun système offensif…ses oreilles ont sifflé ! Beaucoup voyaient d’ailleurs Pat Riley lui prendre la place comme en 2006 avec Stan van Gundy. Mais le boss gominé a une foi totale en son technicien et ne l’a jamais remis en cause.
Au final, Riley a eu encore raison. Miami a certes galéré mais a trouvé sa meilleure carburation pour les playoffs. La défense représente un étau impénétrable et l’attaque…Bon d’accord, l’attaque c’est l’affaire de Lebron et Wade.
Mais n’est-ce pas la meilleure solution ?
Il semble impossible d’intégrer des talents aussi grands dans des systèmes trop stricts. Ils créent, squattent la gonfle et ce, avec beaucoup de réussite. L’intelligence de Spoelstra se trouve donc ici : solidifier la défense et laisser à ses surdoués les clés de l’attaque. De toute façon, l’équipe a été bâtie sur ce principe. Vu les résultats, difficile de lui donner tort. Lui-aussi mérite un titre.

Dallas : Une finale et des histoires

30 mai 2011

Autant de héros potentiels avec, chacun, un destin à accomplir.

Jason Kidd, la bonne passe ?

Mis à part Rajon Rondo en 2008, il faut aller chercher bien loin avant de trouver un meneur-passeur remportant le trophée siglé Larry O’brien. Les Lakers – époque Kobe/Shaq ou Kobe/Gasol – comme les Bulls de Jordan comptaient sur – méthode Jackson – un meneur défensif, sérieux et ne sortant surtout pas des cadres : Dereck Fisher et Ron Harper.
Les autres – Tony Parker, Chauncey Billups, Gary Payton ou encore Sam Cassel – sont des scorers. Si tout le monde vante les mérites des « passeurs » tels Nash, Paul, D-Will ou J-Kidd, aucun n’a jamais amené son escouade jusqu’au bout. Le plus régulier d’entre eux – John Stockton – n’a d’ailleurs jamais réussi non plus. Kidd pourrait donc briser une malédiction et prouver qu’un leader faisant des passes – même à l’outrance – peut gagner.


Jet joue sa souffrance

En début de saison, Jason Terry a subi pas mal de moqueries. La faute à son nouveau tatouage : le trophée de champion, dessiné sur l’épaule. Forcément, afficher une telle ambition quand on joue aux Mavs, ça fait sourire. Mais l’ancien Hawk peut faire le malin, il n’a plus que 4 rencontres à remporter pour faire taire tous ses détracteurs. Je lui souhaite d’ailleurs vu qu’il a déjà annoncé qu’il effacerait le tatoo en cas de défaite. Superstitieux le sniper, il n’a pas peur de souffrir !

La rédemption Tyson

Il n’a pas bouffé d’oreille lui, mais il a une belle revanche à prendre sur…ses 10 premières saisons ! Un flop. Voilà comment tout le monde jugeait le trade – le jour de la draft  2001 – entre les Clippers – qui envoyaient Elton Brand à Chicago – et les Bulls se séparant de Chandler. Sa doublette avec Curry n’a fait que décevoir.
Si Chandler a toujours filé des gnons en défense, ses mains carrées et sa propension à cumuler des fautes trop rapidement l’ont rapidement classé parmi les pivots limités. Aussi, sa santé fut remise en question par le Thunder qui fit capoter un trade à la dernière minute en 2009. Même quand il débarque dans le Texas, sa place de starter est loin d’être assurée avec la présence de Brendan Haywood.
Après une belle expérience avec TeamUSA, Chandler a livré la meilleure saison de sa carrière, élu dans le premier cinq défensif NBA. Une belle revanche sur un destin jusqu’ici contrasté. Sûr qu’il se verrait bien poursuivre la belle histoire…

La matrice a bugué à Miami

33 piges depuis peu, Shawn Marion est comme tout le monde à Dallas : sur la fin. Et encore, son déclin aurait pu être bien plus sévère s’il était resté…à Miami. Et oui, Matrix restait sur 3 all-stars Game consécutifs en tant que Sun avant de rejoindre le Heat, contre Shaq. Là-bas, il ne parvint pas du tout à s’adapter au rôle d’ailier et aux systèmes posés des floridiens. Ses moyennes chutent rapidement, son impact également. A tel point qu’il est éjecté l’année suivante.
Direction le Canada et Toronto. Une purge, une vraie. Depuis, Marion a retrouvé la côte Ouest et il se sent bien mieux. Mais le Heat a bien failli pourrir sa carrière.

Deshawn  se la pète

Deshawn Stevenson représente un joueur correct. Tout juste correct et un brin insignifiant (3.5pts en 15min de moyenne en playoffs). Il est arrivé au sein de la pire cuvée rookie de l’histoire – an 2000 – n’a eu droit qu’à des équipes de seconde zone – Jazz et Wizards – ou à des rôles mineurs à Orlando ou Dallas actuellement. Bref, un anonyme des parquets quoi. Mais il a fallu qu’il fasse son malin pour sortir de ce vide médiatique. D’où une saillie aussi bête qu’inutile contre Lebron James – époque Cleveland – qui, selon Stevenson, serait « surcoté. »

Ca a plutôt fait marrer le King qui ne connaissait même pas l’existence de ce joueur mais ça prouve une intelligence toute limitée quand un micro se présente devant lui. Jay-Z en a profité pour « rapper » une réponse pour défendre son pote Lebron, le King préférant cumuler les trophées de MVP. Quant à Stevenson ? On à réentendu parler de lui cette saison pour  un méchant coup de coude à Marcin Gortat… dans les parties ! Cette finale pourrait l’aider à se faire enfin connaître pour son jeu ou…pour s’être fait martyriser par un joueur surcoté !

Dirk peut être le meilleur étranger de l’Histoire

Son potentiel ne fait plus débat mais dur de placer Dirk comme le meilleur « étranger » de l’Histoire de la NBA. D’abord, les anciens rappelleront un certain Drazen Petrovic. Un génie, surdoué de la balle orange, capable d’enfiler 44 points en playoffs ou de terminer une saison à plus de 20 unités de moyenne. A cette époque, c’était simplement irréel tant l’écart entre les Américains et les Européens paraissait incommensurable.
Niveau talent pur, Dirk a donc un vrai challenger même si Petrovic est mort tragiquement et avec encore beaucoup à montrer. Au niveau du palmarès, les Spurs – Ginobili et Parker – le dominent également.

Trois titres chacun et quelques éliminations de l’Allemand à leur actif. Parker a même glané un titre de MVP des finals. Nowitzki n’a donc pas le choix s’il veut clore ce débat (jusqu’à l’arrivée d’un nouveau phénomène), il doit l’emporter. Pour ne pas terminer comme de trop nombreuses stars. Surtout, pour marquer l’Histoire de ce sport. Comme l’un des tous meilleurs powers. Comme le plus grand européen que ce sport ait connu. Ça a de quoi motiver…

Finals NBA : Pourquoi Miami est favori ?

28 mai 2011

Dwyane Wade Miami Heat

Le Heat est là où on l’attendait. Reste l’épine texane mais le trio magique partira favori. Plein de raisons à cela.

 

 

Le roi est grand ! Beaucoup vont devoir ravaler leurs vannes et leur mauvais esprit. A Miami ou à Cleveland, rien n’a changé. Lebron James est resté le meilleur basketteur de cette planète. Bien entouré, le King peut même se permettre de gérer un peu plus son effort qu’avec les Cavs. Cela le rend encore plus impressionnant lors des ultimes périodes qui – jusque là – semblaient le tétaniser. C’est désormais terminé, une discussion avec D-Wade l’a aidé à se décontracter et James aligne les perfs de folie et s’est amusé à tuer Chicago lors de chaque money-time. Un monstre au sommet de son art. Comme de coutume, les chiffres sont affolants. En playoffs, Lebron c’est 25.8pts, 6.6pds, 8.9rbds, 1.5blks, 1.7stls. Personne ne fait mieux.

 

A la moulinette. Un ex-MVP des finales, le MVP actuel… Pierce et Rose sont tous deux passés à la moulinette quand Lebron a décidé de défendre sur leur râble. On pourrait ajouter Iguodala et Deng à cette liste. Si James est le meilleur joueur de la planète en ce moment, c’est essentiellement en défense qu’il est en train de scotcher tous les observateurs. Capable de répondre à l’impact physique de l’ailier Celtic, le King a broyé D-Rose, ne parvenant jamais à le déborder en vitesse.

 

1, 2, 3, 4. Une espèce de « 1-2-3-4 » de la défense qui peut annihiler l’un des tous meilleurs extérieurs NBA comme le meneur dragster le plus redouté de la Ligue. Pour James, aucun défi ne paraît plus insurmontable. Si son envergure paraît un brin insuffisante pour gêner Nowitzki, il pourrait filer de sérieux maux de tête à Jason Kidd ou encore contrôler Shawn Marion ou Peja. Un élément – la défense – impossible à chiffrer mais qui fait la différence depuis le début des playoffs du côté de Miami.

 

95 matchs plus tard. Le Heat se présente enfin au complet et Spoelstra peut aligner son meilleur cinq. A savoir, les Three Amigos plus Udonis Haslem et Mike Miller. Il aura tout de même fallu patienter 95 rencontres avant de pouvoir assister au potentiel de cette escouade. Il est peu dire qu’elle fait peur. Miller par son adresse extérieure, Haslem et sa grosse défense et ses rebonds, apportent exactement ce qu’il manque au trio star.

 

Un début de banc. Surtout, cela permet d’épaissir un peu le second unit puisque ce sont Mike Bibby et Joël Anthony qui débutent les rencontres. Miami est au complet au meilleur moment. A Dallas, il manque toujours Caron Butler.

 

La défense gagne toujours à la fin. On a beau être d’accord ou non, les meilleures défenses l’ont toujours remporté sur les attaques folles. Le basket est ainsi. Un sport permettant le up-tempo, les accélérations intempestives et les coups de folie. N’empêche, à la fin, ce sont les équipes rigoureuses qui l’emportent. Jusqu’ici, le Heat n’encaisse que 88.27pts par match quand les Mavs prennent 92.53 unités.

 

Parcours trompeur pour les Mavs ? Dallas mérite amplement sa qualification en finale. Un niveau de jeu offensif irréel, un Nowitzki en état de grâce, des role-players au top…certes, mais les Mavs sont passés entre les flammes jusque-là. Portland, sans Oden et avec B.Roy apte pour une seule rencontre, ne possédait pas ce qu’il fallait pour passer face à toute tête de série.
Pas de dispute. Ensuite, Kidd&co sont passés sur les cadavres de Lakers condamnés sans combattre. Enfin, OKC avait un potentiel mais peut déjà se féliciter d’avoir atteint la finale de Conf’. Bref, des Lakers ineptes, pas de Spurs, et aucune série vraiment disputée. Dallas mérite sa place mais ne peut nier que les choses ont très bien tournées à l’Ouest.

 

Plus de bête noire. Pour le Heat, ce ne fut pas le cas. Si Philly s’annonçait bien comme une victime, les trois amis ont coupé la tête du champion de la conférence. Bien sûr, les Celtics n’avaient pas le Shaq et Rondo pas de bras droit…Mais il fallait passer ce cap psychologique et le Heat n’a pas tremblé, ne lâchant qu’une rencontre.

 

Plus de favori. Pareil pour les Bulls. Largement favoris au départ de la psot-season, les coéquipiers de Derrick Rose n’ont grappillé qu’un maigre succès contre le dragster floridien. Le Heat s’est donc offert le scalp du champion et celui du grand favori. Dallas ne peut en dire autant.

 

Avantage psy. Dallas parcourt ces playoffs tels une rédemption. Affronter le Heat se positionne totalement dans cet état d’esprit d’ailleurs. Mais quand même, les Mavs devaient espérer n’importe quelle autre franchise. Cinq n’ont certainement pas suffi pour panser les plaies laissées lors de la seule finale de Dirk. A chaque action d’éclat de Wade, lors de tout moment délicat des Texans, le spectre de la défaite de 2006 hantera le roster. Et les plumitifs ne cesseront de leur rabâcher. Ça peut servir à motiver le sentiment de revanche. Ça peut aussi tétaniser…

 

Le choix de Lebron. Il est arrivé en 2003. Un môme de 18 piges, signé à 100 millions par Nike. Tout le monde attendait le phénomène et annonçait déjà un amoncellement de titres individuels et collectifs pour le natif d’Akron. Pour les breloques persos, James a déjà fait le tour. Son transfert au Heat n’avait qu’un but collectif. Il semble que Lebron a fait le bon choix et l’Elu n’a jamais semblé aussi près du titre suprême.

 

Nouvelle ère ? Surtout, après le flot incessant de critiques subies, ça donnerait encore un peu plus de poids à l’intelligence de ce joueur. D’ailleurs, très peu le voient flancher maintenant. Comme MJ, il a bouffé son pain noir – Dirk aussi ! – et a faim de titres. Son « ère » peut débuter cette année, il le sait bien. Ça ne tient qu’à lui de s’en assurer.

 

Home-court. Bon, ces playoffs ont donné un rôle très relatif à l’avantage du terrain. Miami reste tout de même invaincu en son antre en post-season. Une stat parlante quand les adversaires se nomment Celtics et Bulls. Dallas a bien remporté ses deux rencontres à Oklahoma et au Staples Center mais s’est incliné déjà deux fois à l’extérieur. C’était au Rose Garden de Portland. Il faudra pourtant bien briser la série du Heat pour les Mavs.

 

Deshawn en danger. Chicago peut en parler. Posséder un bon arrière est simplement indispensable en NBA. Au même titre qu’un pivot ou un meneur. Surtout quand le match-up oppose le guard à Dwyane Wade. Et Dallas n’a « que » Deshawn Stevenson à aligner dans son cinq majeur. Un mec honnête défenseur mais n’offrant aucune garantie quant à son impact sur Flash.

 

Terry pour répondre à Flash ? Bien sûr, Jet Terry, lui, joue comme un maestro en ce moment, ne forçant rien et rentrant des tirs phénoménaux comme s’il s’agissait de simples lay-ups. Mais il faudra bien un Terry en feu pour répondre aux assauts de Wade. Si les Mavs sombrent à l’arrière, la finale sera bien plus compliquée.

 

Dirk-dépendants. Les Mavericks développent du beau jeu, délié et collectif mais cela repose surtout sur un seul leader : Dirk Nowitzki. Tout part de l’état de grâce de l’Allemand. Ne ratant rien, les défenses s’adaptent. Quand les Lakers décidèrent de « doubler » sur le grand blond, ce fut feu d’artifice derrière l’arc des snipers embusqués Terry, Barea, Stojakovic. OKC a donc refusé les prises à deux mais ni Ibaka, ni Harden, ni Collison, ni Durant, ni Sefolosha n’ont réussi à le gêner. Au final, L.A a mangé 12.25 tirs primés par rencontre, Oklahoma recevant un Nowitzki à 32 points de moyenne.

 

Quid de l’Allemand ? Une réalité, l’équipe de Ricks Carlisle est largement dépendante de l’état de forme de son leader. A voir donc quel visage montrera Dirk face à Miami. Jusqu’ici, il n’a rien raté, a su être décisif et a mis à mal tous les défenseurs qu’on a osé lui présenter. Certes, mais Miami a un tout autre niveau défensif que les franchises de l’Ouest.

 

Des solutions. Haslem, Bosh, Anthony, James, voire Jones sont autant de possibilités que Spoelstra pourrait utiliser. Le Heat a même évolué en zone sur quelques séquences, face à Chicago. Si Nowitzki continue de tutoyer les étoiles, il n’y aura de toute façon rien à faire. Mais si la défense floridienne le ralentit un brin, ce sera tout le jeu de Dallas qui s’en ressentira.

 

 

 

 

 

 

 

10 raisons de supporter les Mavs

27 mai 2011

Ils vont perdre. Pourquoi ? Parce qu’ils ne savent pas gagner… Mais bon, ne jamais enterrer le Texan. Ça mord. Pis les Mavs, on s’y est (un peu) attaché.

Pour Kidd. Plus encore que Nowitzki, Jason Kidd court après une bague depuis trop longtemps. Le meneur sait bien qu’il s’agit-là de son ultime chance, il deviendrait même le plus vieux meneur titulaire à être sacré. Pour ne pas le classer parmi les losers éternels, il faut gagner. Pis Lebron aura encore le temps.

Ça change ! Ce n’est peut-être pas grand-chose mais ne pas voir les Lakers en finale, ça fait du bien ! Un peu d’alternance au pouvoir de l’Ouest, c’est bien pour le suspense. Et les Mavs ont fait ça bien puisque ce sont eux-mêmes qui ont scalpé le triple-champion de conférence. Et en un coup de balai s’il vous plaît !

L’attaque au pouvoir. Depuis le temps (depuis toujours ?) qu’on nous rabâche que les attaques, c’est sympa pour remplir les stades mais bon…Quand on parle victoire, on tchatche défense, rebond et grosses fautes. Les Mavs évoluent dans un autre style basé sur le collectif et l’adresse. Si ça gagne, ce sera historique.

Marc a mué. Peut-être encore plus surprenant que les subites victoires des Mavs, le nouvel état d’esprit du proprio. Simplement imbuvable depuis son arrivée dans la Ligue, le profil type du nouveau-riche – start-up oblige – insupportable. Cette saison, Dirk l’a remis en place et Cuban s’est contenté de poser ses fesses dans les tribunes. Les médias ont bien tenté de le titiller mais rien n’y a fait. Il a grandi, c’était inespéré, ça fait plaisir.

Matrix à la maison. Shawn Marion se la joue Lamar Odom. L’intérieur texan aura lui aussi, droit à son émission de téléréalité. « The Ladies in my life » histoire de présenter sa mère, ses sœurs, etc… On s’en fout ? Un brin, mais c’est quand même la preuve que les Mavs reviennent à la mode !

Pas de décision. Jusqu’à la fin de sa vie, on en voudra à Lebron ! Non, en fait s’il gagne, les fans devraient revenir. N’empêche, la star allemande en face, elle n’a jamais fait parler d’elle. Pas un mot, rien. Un mec humble, c’est sympa aussi.

Récompenser le flair. C’est sûr, le meilleur recrutement de l’Histoire a été effectué cet été, par Miami. Certes, mais ce n’était pas très difficile à prévoir. Dallas peut se targuer de jolis « coups. » JJ Barea réalise des playoffs totalement inattendus et que dire de Tyson Chandler ! Pivot moyen jusqu’ici, l’ancien Bull est devenu une pièce maîtresse du dispositif de Rick Carlisle. Et ça marche. Bonne pioche !

La veuve et l’orphelin. C’est humain, l’outsider porte toujours en lui le soutien populaire. Miami est favori depuis le 1er match de la saison quand personne ne pariait un penny sur les Mavs. Même au début des playoffs, beaucoup les voyaient sortir dès le 1er tour, contre Portland, et tout le monde fut sous le choc après la fessée administrée à Kobe.

Dirk est en mission. S’il faut saluer les progrès humains du proprio, ceux psychologiques du franchise player sont phénoménaux ! Il est même impossible de citer toutes les actions décisives de Nowitzki durant ces playoffs. C’est simple, l’Allemand est on fire, il le sait, le sent et compte bien profiter de cet état de transe pour aller au bout de la route. Un tel retournement mental, ça intéresserait Freud. Le public, lui, ne peut que le saluer.

Vengeance ! On y aura droit tout au long de la série. 2006, la désillusion de l’Histoire pour les Mavericks. 2-0, un 3e match qui s’annonce bien puis…le drame ! Wade enfile le costume de Superman et rentre tout ce qu’il veut. 4-2, Dallas est la première équipe à ne pas remporter le moindre match à l’extérieur. L’année d’après, les Texans – toujours traumatisés – se font sortir au 1er tour par le huitième, Golden State. Une plaie béante que personne n’a omise dans la ville far-west. Dirk mais aussi Jet-Terry étaient déjà là. Ils ont fait bien trop de cauchemars pour ne pas se venger !