NBA : Le lock-out, c’est pour jeudi…


Jeudi 30 juin au soir, l’accord salarial entre la NBA et ses joueurs prendra fin sans qu’aucun autre n’ait vu le jour. C’est la grève, c’est la lose…

C’est quoi ? Un lock-out est une grève. Pas tout à fait comme on l’entend ici, en France, puisque ce sont les proprios qui ferment boutique. Les dirigeants cessent l’activité car ils n’ont su s’entendre avec leurs employés (les joueurs).

Pourquoi c’est sûr et certain ? Cela fait maintenant plusieurs mois que ça couve, personne ne feindra la surprise. Mais vendredi dernier, la réunion – où les joueurs devaient annoncer leur contre-proposition – n’a rien conclu du tout. Les joueurs sont venus et n’ont absolument rien proposé. Ou comment lancer le bras de fer.

Pas de contre-proposition ? C’était quand même la seule chose qui pouvait encore donner une chance d’éviter le clash. Mais Billy Hunter – ancien joueur NFL et représentant du syndicat des joueurs – a eu ces mots limpides : « Pourquoi nous n’avons pas fait de contre-proposition ? Parce que nous avons le sentiment que la précédente était suffisante.»

Et la précédente disait… L’offre déjà donnée par les joueurs entendait une baisse des salaires, à hauteur de 500 millions de dollars sur cinq ans. Une somme jugée « modeste » par David Stern. Les deux partis concluant sur le même refrain « Il y a des avancées mais l’accord est encore loin. »

Hard-cap. Une idée tirée du règlement NFL. Le salary cap – limite salariale à ne pas dépasser par les franchises – représente le nerf de la guerre. Un hard-cap de 62 millions $ a donc été proposé par les dirigeants. Les joueurs n’ont même pas voulu en entendre parler.

Flex-cap. D’où l’idée du flex-cap. Comme le hard-cap mais avec des exceptions. La masse salariale serait plafonnée à 62 millions de dollars – contre 58 aujourd’hui – qui ne pourrait être dépassé sauf dans certains cas (mais cela resterait très exceptionnel, bien moins fréquent qu’actuellement). Pour David Stern, c’est la meilleure chose à faire. Les joueurs sont loin de partager cet avis.

Les joueurs unis. Lors de cette fameuse (et inutile) dernière réunion, quelques grands noms de la Ligue ont pointé leur nez, flanqués d’un t-shirt « Stand. » Parmi eux, Kevin Garnett ou Chris Paul, pour ne citer que les têtes d’affiche. Bref, les stars NBA savent de quoi il en retourne – KG a déjà vécu un lock-out – et affichent leur unité. Les patrons sont prévenus.

Les proprios en font-ils trop ? La question trottant dans les têtes de tous les patrons NBA, n’est bien sûr pas de savoir s’ils réussiront à boucler le budget pour la fin du mois. Non, les franchises NBA restent des machines à billets verts, des usines à fric. Mais en affaires, la question tourne toujours autour du « comment pourrais-je en avoir encore plus ? » Et c’est bien là, que réside toute la question du lock-out. En jouant les malheureux – ambiance crise économique oblige – les patrons tentent de faire oublier qu’eux se gavent encore plus que les joueurs. Surtout que la NBA n’annonce pas un bilan financier désastreux, selon plusieurs économistes.

Le point de vue des joueurs. Les joueurs défendent leur steak. Dur de les en blâmer puisque tous les employés feraient la même. Une baisse de salaires de 30 à 40%, ça pique et ça donne surtout l’impression de se faire enfler sévèrement par rapport aux anciens. Surtout, des changements profonds – hard cap, contrats non garantis – sont aussi réclamés par les dirigeants. Des requêtes qui changeraient la donne en matière de négociations pour les joueurs. Comme souvent, les stars ne seraient que peu affectées, les joueurs de seconde zone, eux, pourraient voir leur situation devenir bien plus précaire.

Des négociations à long-terme. Dans le monde du travail classique, les accords salariaux sont négociés à l’année. Pas en NBA. Les patrons aimeraient d’ailleurs que le contrat signé cet été – ou bien plus tard – court sur près d’une décennie. Comme le climat actuel est des plus difficiles économiquement, les dirigeants comptent bien en profiter. La crise a filé des dettes à toute l’Amérique, donc à la NBA aussi. Et personne ne peut nier que les joueurs soient surpayés.

Image. Désastreuse, forcément. Ce n’est pas comme la NFL qui n’en a que faire – le foot US reste une religion là-bas – la NBA a souffert pour retrouver son identité après la grève de 99. Des millionnaires se plaignant pour leur salaire, ça le fait pas. Surtout en ce moment. Les joueurs en ont conscience mais…c’est tout. Ça ne changera rien à la donne.

Les fans, grands oubliés. C’est clair ! Les fans n’ont qu’à se repasser les cassettes des saisons précédentes car, pour l’heure, personne n’a vraiment envie que les choses bougent. « A celui qui cèdera le premier« , semblent jouer les deux camps. Un brin ridicule mais vu les sommes en jeu – quelques milliards de dollars – il y a fort à parier que le jeu dure encore longtemps. Les déclarations envers les fans ne cesseront de se multiplier. Peut-être mais le tout se fera dans la plus pure mauvaise foi qui soit. Propriétaires et joueurs NBA n’ont que leur propre intérêt en tête. Le fait que la Ligue vive sur le merchandising, le prix des places et les droits tv – le public, quoi – n’entrera jamais en compte dans l’esprit des deux camps. Cynique certes, mais les fans reviendront. Pas les billets.

La NFL. Le foot US offre un bien triste exemple de ce qui attend tous les fans de la balle orange. Cela fait plus de 100 jours que les « footeux » ont lancé leur lock-out. Une aberration tant les proprios NFL possèdent bien plus d’avantages – hard-cap, contrats non garantis, le franchise tag -que leurs homologues NBA. Aucun accord n’a encore été trouvé.

Quel camp choisir ? D’un côté les starlettes surpayées qui plantent le piquet de grève. De l’autre, les proprios qui jouent sur des chiffres obscurs, incalculables et improuvables. Des millionnaires face à des milliardaires. Bref, difficile de choisir. Une chose est sûre tout de même : la NBA repose avant tout sur…les joueurs. Ils sont le « produit d’appel » de la NBA, ils ramènent les fans et poussent cette ligue toujours plus haut. Les propriétaires se doivent de ne jamais oublier cela. La NBA ne tient que sur cela : proposer des affrontements entre les meilleurs joueurs de la planète. Pour les dirigeants, il est donc impensable de gérer une franchise telle une société lambda. Les employés sont égocentriques, imbus de leur personne et bien trop gourmands financièrement mais…uniques de par leur talent. A l’inverse des patrons, les NBAers ne sont pas tous multimillionnaires et la carrière d’un athlète restera toujours plus courte que celle d’un magnat de la finance.

Que faire ? Balancer son smartphone à terre, éteindre son PC et enfiler ses sneakers. C’est l’été, les playgrounds fleurissent à nouveau, un peu partout sur la planète, il est grand temps de goutter au « vrai » basket. Comme tout désaccord américain, le lock-out se terminera devant un juge. Les avocats auront donc forcément le dernier mot. Les fans, eux, seront lésés de toute façon alors autant profiter des vacances et se râper les pieds sur le bitume.

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